Climat: le Giec appelle à des transformations 'sans précédent'

Des participants de la 48e session du Groupe d'experts intergouvernemental sur l'évolution du climat posent pour une séance

Les Etats approuvent le rapport choc du Giec sur le climat

Il doit accompagner la mise en oeuvre de l'Accord de Paris sur le climat, qui engage les pays signataires à maintenir l'augmentation des températures moyennes d'ici la fin du siècle "bien en-dessous" de 2°C par rapport aux niveaux pré-industriels, et à poursuivre l'action menée pour limiter cette progression à 1,5°C.

Dans un rapport publié lundi, le Groupe international d'experts sur l'évolution du climat (GIEC) prévient que les températures moyennes progresseront probablement de 1,5°C entre 2030 et 2052 si le changement climatique se poursuit au même rythme et si le monde échoue à entreprendre des mesures rapides et sans précédent pour l'enrayer.

Le niveau des mers, si l'on s'en tient à +1,5°C, aura gagné 26 à 77 centimètres d'ici 2100. Il faut donc prendre amorcer dès maintenant "des changements sans précédent dans tous les aspects de la société", alertent les experts. Et si les États s'en tiennent à leurs engagements de réduction d'émissions pris dans le cadre de l'accord de Paris en 2015, ce sera +3°C à la fin du siècle.

Pour la climatologue Valérie Masson-Delmotte, également à Incheon, c'est "un constat lucide et difficile: la politique des petits pas ça ne suffit pas".

Les répercussions sur les espèces sera moindre à +1,5 °C: moins de feux de forêts, de perte de territoires, d'espèces invasives. La vraie question de la faisabilité c'est celle-là: "les gens sont-ils prêts à agir, et y aura-t-il assez de volonté politique collective?" Pour Michael Mann, de la Pennsylvania State University, "les modèles de projections ont été exagérément conservateurs, avec une tendance à sous-prévoir les impacts en cours, dont la perte de banquise en Arctique, de glace au Groenland ou en Antarctique ouest, et donc la montée des mers en résultant".

Le président du Giec Lee Hoe-sung explique le Rapport spécial 1,5°C lors d'une conférence de presse
Le président du Giec Lee Hoe-sung explique le Rapport spécial 1,5°C lors d'une conférence de presse

Conférence de presse sur le "Rapport spécial 1,5°C". A +1°C, 4% de la surface terrestre change d'écosystème, à +2°C ce sera 13%.

La baisse de productivité du maïs, du riz ou du blé sera plus limitée à +1,5° qu'à 2, de l'Asie du Sud-est à l'Amérique latine, dit encore le rapport, qui décrit aussi des risques accrus pour la ressource d'eau, la sécurité alimentaire et la santé.

Selon le Giec, pour rester à 1,5°C, les émissions de CO2 devront chuter drastiquement de 45 % d'ici 2030.

"Y arriverons-nous à temps?"

Les énergies renouvelables devraient ainsi passer de 20 à 70% de la production électrique au milieu du siècle, la part du charbon serait presque nulle, la demande d'énergie devra baisser, l'efficacité énergétique croître. Selon le rapport, quelque 2 400 milliards de dollars (environ 2 000 milliards d'euros, soit quasiment le PIB de la France) d'investissements annuels seront nécessaires entre 2016 et 2035 pour la transformation des systèmes énergétiques. Quant à la possibilité de dépasser le seuil de +1,5, pour faire redescendre le mercure plus tard au cours du siècle, le Giec en souligne les risques - certains irréversibles, comme la perte d'espèces - et les incertitudes sur l'efficacité de l'extraction du CO2 à grande échelle. Si le coût paraît élevé, les scientifiques soulignent que le prix à payer de l'inaction serait bien plus terrible.

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