Journaliste saoudien disparu en Turquie: la police évoque un assassinat, Erdogan attend

Turquie rassemblement de soutien à un journaliste saoudien disparu

Culture Turquie rassemblement de soutien à un journaliste saoudien disparu

La Yémenite et Prix Nobel de la paix 2011 Tawakkol Karman répond aux journalistes, vendredi dernier, à Istanbul, pendant une manifestation devant le consulat d'Arabie saoudite en faveur du journaliste saoudien Jamal Khashoggi, disparu depuis le 2 octobre.

La tension continue de monter entre la Turquie et l'Arabie saoudite suite à la disparition de Jamal Khashoggi, journaliste saoudien installé aux Etats-Unis et très critique vis-à-vis de Riyad.

Selon la fiancée du journaliste, une chercheuse turque dénommée Hatice Cengiz, Jamal Khashoggi s'était rendu au consulat pour effectuer des démarches administratives en vue de leur mariage, mais n'en est jamais ressorti. "La police estime dans ses premières conclusions que le journaliste a été tué au consulat par une équipe venue spécialement à Istanbul et repartie dans la même journée", a indiqué cette source citée par l'AFP.

Le consulat saoudien a démenti sur son compte Twitter les informations "dénuées de fondement" selon lesquelles le journaliste y aurait été tué.

La veille, le prince héritier Mohammed Ben Salman continuait de nier toute implication, en affirmant à l'agence Bloomberg que Khashoggi avait quitté le bâtiment du. "Nous n'avons rien à cacher". "Je suis l'affaire de près et quel que soit le résultat nous le communiquerons au monde", a promis M. Erdogan, se posant en parangon de la transparence, alors qu'il déclarait, il y a quelques jours devant des universitaires, que "médias et démocratie sont incompatibles".

M. Khashoggi s'est exilé aux Etats-Unis l'année dernière, redoutant une arrestation après avoir critiqué certaines décisions de Mohammed ben Salmane et l'intervention militaire de Ryad au Yémen.

Un officiel a ensuite fait savoir à l'agence de presse saoudienne SPA que le consulat saoudien à Istanbul rejetait les affirmations turques.

Ce jour-là, la jeune femme l'a attendu non loin du consulat, où il s'est engouffré après lui avoir confié son téléphone portable, avec la consigne d'alerter les autorités turques au cas où il tarderait à sortir.

"Il s'agirait d'un crime d'Etat d'un autre temps", a ajouté dimanche sur Twitter le secrétaire général de RSF, Christophe Deloire. Mais la répression contre les dissidents, avec des arrestations de religieux, de personnalités libérales et aussi de militantes féministes s'est accentuée depuis.

Si les autorités saoudiennes ont classé les Frères musulmans comme "organisation terroriste", la Turquie est quant à elle considérée comme l'un de leurs principaux soutiens.

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