L'extrême droite largement en tête du 1er tour — Présidentielle au brésil

Au Brésil un deuxième tour pour élire le président aura lieu le 28 octobre

Les unes des journaux brésiliens au lendemain du premier tour de la présidentielle

" Unir les démocrates de ce pays " Les premiers résultats partiels ont été accueillis avec des cris de joie par les partisans de Fernando Haddad".

"Nous voulons unir les démocrates de ce pays", a déclaré celui-ci devant ses supporteurs. "En revanche, une grande déception régnait chez les partisans de Jair Bolsonaro".

Mais il n'a pas été élu président au premier tour comme il l'espérait. "Maintenant, ça va être plus difficile; au 2 tour, il y a un risque ".

Mais si Bolsonaro a conquis près de la moitié des votants, le chemin vers la victoire au second tour, le 28 octobre, est encore long. "C'est incroyable que le Parti des travailleurs (PT) ait réussi à obtenir autant de voix, avec tout ce qui s'est passé au Brésil", déplore Amilton junior, un professeur de 36 ans. Réunis devant son domicile à Rio, des partisans de l'ex-capitaine de l'armée ont toutefois salué en chantant le score important de leur candidat, bien au-dessus des 40 % à 41 % dont l'avaient crédité les dernières enquêtes d'opinion samedi. Jair Bolsonaro, le candidat de l'extrême droite, est le grand favori. Tous ont exprimé l'espoir que ce scrutin apporte le "changement" dans un Brésil rongé par une crise économique et politique et d'innombrables scandales de corruption.

À Rocinha, une immense favela de Rio, Antonio Pereira Moraes, 49 ans, a aussi voté pour l'ex-militaire: " Le Brésil a besoin d'un changement, il y a beaucoup de choses à faire que les autres n'ont pas faites, surtout dans le domaine de la santé", dit-il. Loin devant Fernando Haddad, du Parti des travailleurs (PT, à gauche), qui n'a recueilli, lui, que 29,24% des suffrages.

La direction qu'allait prendre le Brésil était imprévisible ce lundi 8 octobre, le plus grand pays d'Amérique latine s'acheminant vers un second tour de la présidentielle pouvant lui donner un chef d'Etat d'extrême droite comme de gauche, dans un climat encore plus polarisé. "Il n'a pas d'équipe, pas de projet", avait averti en votant M. Haddad.

Fernando Haddad parle dans un micro
Election présidentielle au Brésil: Ronaldinho soutient le candidat d'extrême droite Jair Bolsonaro

Une demi-heure plus tard, des files d'attente de dizaines d'électeurs s'étaient formées dans le centre de Sao Paulo ou de Rio, à Copacabana, selon des journalistes de l'AFP. "Il reste trois semaines avant le second tour".

Ciro Gomes (PDT, centre gauche), éliminé de la course avec 12,5% des intentions de vote, était paradoxalement le plus à même de battre Bolsonaro au 2e tour.

"Ca serait une catastrophe si (Bolsonaro) passait", estime José Dias, un électeur de gauche, dans un bureau de vote du nord de Brasilia.

Ses électeurs se recrutent dans toutes les couches sociales et parmi les jeunes, qui n'ont pas connu la dictature (1964-85).

Le Brésil avait rarement été aussi divisé au moment d'aborder une élection qui doit aussi désigner les députés de la Chambre basse du Congrès et renouveler les deux tiers des 81 sièges du Sénat.

Fernando Haddad devra lui aussi séduire au-delà de sa famille politique, précise le site, notamment en mettant un frein au profond rejet de son parti, "lié principalement à la corruption, au radicalisme de son discours de gauche et à la mauvaise gestion de l'économie".

Dernières nouvelles