Journaliste violée et tuée en Bulgarie : un suspect interpellé

La journaliste Viktoria Marinova

La journaliste Viktoria Marinova. Facebook

Plusieurs centaines de personnes, donc beaucoup en pleurs, se sont réunies dans la soirée à la lueur de bougies autour d'un portrait de la jeune femme dans le centre de Roussé, ville du nord de la Bulgarie où son corps a été découvert samedi dans un parc.

Désir appelle à ce qu'une "enquête complète et approfondie soit menée" afin d'identifier et d'arrêter les responsables. "Très préoccupée par le meurtre de Victoria Marinova de Bulgarie". De son côté, le Comité pour la protection des journalistes (CPJ), basé à New York, a dénoncé "un meurtre barbare".

Si tel était le cas, Viktoria Marinova sera alors la troisième journaliste assassinée en un an au sein de l'Union européenne, après le reporter Jan Kuciak en Slovaquie, en février 2018, et la journaliste maltaise Daphné Caruana Galizia, en octobre 2017.

Notons que pour le moment, la police envisage toutes les pistes, tant personnelles que professionnelles. Reporter sans frontière exige que les autorités bulgares fasse "toute la lumière sur cet acte odieux". Une demande également relayée par le site d'investigation bulgare Bivol.bg, animé notamment par Dimitar Stoyanov, le journaliste récemment interviewé par Mme Marinova.

Des sources policières ont déclaré à l'AFP douter du lien direct entre le meurtre et la profession de la journaliste. Il a ajouté que ses collègues et lui craignaient désormais pour leur sécurité.

Mère d'un enfant, journaliste "disciplinée, ambitieuse, allant jusqu'au bout" selon un confrère, Viktoria Marinova avait expliqué lors de sa dernière émission vouloir donner "une tribune" au journalisme d'investigation, déplorant "la pression" des politiques et des milieux d'affaires, des propos rares à la télévision bulgare.

Le Premier ministre de centre droit Boïko Borissov a assuré qu'en raison des preuves rassemblées, l'élucidation du crime ne serait "qu'une question de temps". "Son téléphone portable, ses clés de voiture, ses lunettes et une partie de ses vêtements ont disparu", a ajouté le procureur. Dans son dernier rapport, RSF soulignait la difficulté pour les journalistes bulgares d'exercer leur métier dans de bonnes conditions, car devant faire face à des "oligarques exerçant un monopole médiatique et à des autorités soupçonnées de corruption et de liens avec le crime organisé".

Selon l'Association des journalistes européens, basée en Bulgarie, les journalistes de médias régionaux et locaux sont particulièrement exposés. Façon de prévenir d'autres intrépides qui voudraient se frotter à eux. Et le hashtag, mot dièse, #JusticeForVictoria a été lancé par ses consoeurs et confrères jounalistes européens, repris bien au delà du vieux continent.

La journaliste Viktoria Marinova animait une émission consacrée aux questions de société sur TVN, une chaîne de télévision locale. "Absolument horrible" conclut l'un d'entre eux.

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