Roumanie. Les électeurs boudent le référendum contre le mariage gay

Roumanie issue incertaine pour un référendum contre le mariage gay

Roumanie : les électeurs boudent le référendum contre le mariage des couples homosexuels

Les résultats définitifs du référendum sont attendus lundi.

Organisée par la coalition pour la famille et l'Église orthodoxe, le référendum avait rassemblé plus de trois millions de signatures en 2016. Ce week-end, la population était invitée, à l'appel du gouvernement social-démocrate, à faire inscrire dans la loi fondamentale que seuls " un homme et une femme " peuvent s'unir. "C'est un échec pour les Roumains et pour la Roumanie", a affirmé Codrin Stefanescu, le secrétaire général des sociaux-démocrates (PSD), évoquant un "boycott d'une démarche civique". L'association Accept, qui défend les droits des minorités sexuelles, s'est félicitée d'un résultat qui "démontre l'attachement de l'électorat envers le parcours européen de la Roumanie et envers les valeurs démocratiques".

"On devrait laisser à tout le monde le choix de se marier ou non, sans égard pour l'orientation sexuelle", a confié à l'AFP une retraitée, Ileana Popescu.

Les opposants au vote faisant le pari du boycottage, la victoire du oui à une modification constitutionnelle est assurée, avec un score qui pourrait atteindre 90 % des suffrages et une participation de 34 %, selon un sondage de l'Institut CURS publié vendredi.

Si l'article 259 du Code civil roumain précise explicitement que "le mariage est l'union librement consentie entre un homme et une femme", l'article 48 de la Constitution sur la famille est moins spécifique, disposant seulement que "la famille est fondée sur le mariage librement consenti entre conjoints".

"L'agressivité qui a marqué la campagne pour le oui, la tentative d'instiller la haine contre une minorité a rendu les Roumains réticents à voter". La gauche au pouvoir compte sur ce scrutin pour mobiliser la Roumanie rurale et conservatrice, coeur de leur électorat, alors que le parti est en perte de vitesse, accusé de vouloir affaiblir la lutte contre la corruption et de contrôler la justice.

Un référendum qui a déclenché de vives critiques à Bruxelles: la Commission européenne a lancé une mise en garde contre Bucarest et l'a appelé à respecter ses engagements en matière des droits de l'Homme.

"Mon éducation orthodoxe, mon éducation traditionnelle me font dire +oui+, c'est comme ça que je vois la continuité de ce peuple", a récemment déclaré le patron du PSD, Liviu Dragnea. Le même jour, Liviu Dragnea doit comparaître pour son procès en appel dans une affaire d'emplois fictifs qui lui a valu trois ans et demi de prison ferme en première instance.

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