France: le remaniement laborieux, une mauvaise séquence pour Macron

Semaine cruciale pour Emmanuel Macron à la recherche d'un nouveau souffle

Le scénario de remaniement du gouvernement plane sur l'Élysée

Dans sa loyauté sans failles pour le président, il vient d'ajouter un peu de dialectique; et c'est pour résoudre son différend avec lui au sujet du prochain ministre de l'Intérieur que, d'un commun accord, ils ont décidé de reporter l'annonce du remaniement. Le président de la République est également jugé comme celui étant "le plus charismatique" avec là encore un écart important par rapport à Édouard Philippe: 50% contre 36%.

Le chef du gouvernement assure l'intérim du ministère de l'Intérieur depuis le 2 octobre, jour de la démission du ministre Gérard Collomb.

M. Ferrand plaide pour un "nouveau souffle", mettant notamment l'accent sur la nécessité de se "réconcilier avec les territoires", alors que les relations sont tendues entre gouvernement et grandes associations d'élus. "Un mouvement crée d'autres mouvements, comme dans un Rubik's Cube ". Il nous aura bien baladés, nous les journalistes, en nous laissant croire que, quoi qu'il arrivât, il y aurait un gros changement dans la composition de l'équipe d'Edouard Philippe avant le conseil des ministres de ce matin, qui a eu lieu avec ceux qui seront limogés dans quelques jours.

"Il est temps de faire plus de place au centre et à la gauche sociale-démocrate pour avoir un gouvernement politiquement plus équilibré", a aussi plaidé dans le Parisien la députée du parti présidentiel Laurianne Rossi, issue du Parti socialiste, tout en estimant qu'il "faut aussi avoir une vraie expérience politique et un parcours militant, ce qui a pu faire défaut au gouvernement actuel". Un domaine dans lequel le chef de l'État écrase son premier ministre avec 59% contre 29%. Pas la désignation d'un simple successeur pour l'ancien ministre de l'Intérieur Gérard Collomb, parti reconquérir Lyon.

Attendu depuis le début de la semaine, ce remaniement, qui ne devrait pas intervenir avant vendredi soir, est aux yeux des Français "le signe que l'exécutif n'est pas, ou plus capable d'attirer les talents" et qu'il "existe des désaccords entre le président de la République et le Premier ministre". L'exécutif pourrait aussi être tenté de faire confiance à un expert, sur le modèle de Jean-Michel Blanquer à l'Éducation, dont l'assimilation au monde politique est jugée réussie.

L'Élysée dément tout bras de fer entre Macron et son Premier ministre.

Les noms du procureur de Paris François Molins - visage connu des Français depuis les attentats de 2015 -, de la directrice de la PJ Mireille Ballestrazzi, du Catalan Jean Castex, un haut fonctionnaire qui a servi Nicolas Sarkozy à l'Élysée, ou de l'ancien patron de la police nationale Frédéric Péchenard ont circulé. Prenant ostensiblement son temps, Emmanuel Macron a longuement échangé sur la promotion d'un écosystème favorable à l'intelligence artificielle.

Avant le départ de Macron pour l'Arménie?

Le chef de file des députés MoDem, Marc Fesneau, a été cité pour succéder à Stéphane Travert à l'Agriculture, mais pourrait aussi entrer à un autre poste.

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