Le Giec appelle à des transformations "sans précédent" — Climat

Rapport Giec: quelles conséquences d'une hausse des températures de 2° en Afrique du Nord?

Face au risque d'emballement climatique, le nouveau coup de semonce du Giec

Mais elle n'en prend pas la direction. Limiter le réchauffement climatique à 1,5 degrés d'ici le milieu du siècle nécessiterait selon eux "des changements rapides, d'une portée considérable et sans précédent dans tous les aspects de la société". "La dernière chose, à laquelle les scientifiques ne peuvent répondre, c'est si c'est faisable politiquement et institutionnellement", résume Jim Skea, de l'Imperial College de Londres.

"Le rapport montre que nous n'avons plus qu'une occasion, des plus minces, pour éviter des dommages impensables au système climatique qui nous fait vivre", a dit son représentant Amjad Abdulla.

Et les chiffres sont alarmants. Les vagues de chaleur et les fortes précipitations seraient plus fréquentes dans de nombreuses régions du globe, les sécheresses plus fréquentes par endroit.

Et si nous arrivons à maintenir le réchauffement à 1.5 °C au lieu de 2 °C, le rapport suggère que l'élévation du niveau de la mer atteindra 10 centimètres de moins, ce qui pourrait empêcher ce que le rapport décrit comme une véritable "évacuation disproportionnée et rapide " des populations vivant dans les tropiques.

Parler de la voiture électrique ou du vélo rallongerait tant soit peu le délai, certes, mais ce n'est qu'une fuite en avant puisque la production d'une voiture ou d'un vélo électrique, dans toutes les phases de production, nécessitent la production des gaz à effet de serre.

Si les émissions mondiales se maintiennent au taux actuel, les 91 auteurs du rapport prévoient que la température mondiale globale augmentera de 1.5 degré d'ici 2040. À ce stade, les auteurs préviennent que notre seule chance de survie sur le long terme sera de créer une technologie d'élimination du carbone, dont l'efficacité n'a pas encore été démontrée, et qui ne pourrait pas regénérer les écosystèmes déjà perdus.

Tenir les 1,5°C requerrait que les émissions mondiales nettes de dioxyde de carbone d'origine humaine chutent de 45% environ en 2030 par rapport à 2010 puis tombent à "zéro net" d'ici 2050 (ce qui impliquerait que tout rejet de CO2 devrait alors être compensé par une destruction du CO2 dans l'atmosphère).

Et les experts pressent surtout pour que ces efforts soient réalisés immédiatement, car au-delà de ce seuil de 1,5 degré, les risques pour la planète sont accrus.

Il est encore possible de limiter le réchauffement à 1,5 degré. Les cyclones tropicaux deviendraient également beaucoup plus violents. Mais les chercheurs le répètent: ce n'est rien comparé au coût de l'inaction. Pour ne pas discréditer l'accord de Paris, le groupe intergouvernemental a envisagé des scénarios où l'on dépasserait les 1,5 °C, avant d'y revenir avant la fin du siècle. À 2°C, au contraire, ce phénomène se produirait une fois par décennie.

Les émissions de gaz à effet de serre (Ges) générées par l'Homme ont fait grimper la température mondiale de 1 °C depuis la Révolution industrielle.

"Un demi-degré de réchauffement fait toute une différence", a martelé M. Guterres.

Le rapport du GIEC fournit une base solide au dialogue de facilitation, dit " dialogue Talanoa ", qui se tiendra lors de la COP 24 à Katowice (3-14 décembre 2018) et qui doit conduire la communauté internationale à renforcer son ambition d'ici à 2020. La bonne nouvelle est qu'il y a des actions en cours dans le monde, mais il faudrait les accélérer pour avoir des transitions douces.

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