Les voitures devront moins polluer... en 2030

Les ministres de l'Environnement lors du Conseil

Les ministres de l'Environnement lors du Conseil"Environnement

Le pays dirigé par Angela Merkel et des contrées de l'Est de l'Europe faisant en effet partie d'un groupe ne souhaitant pas dépasser un objectif de réduction supérieur à 30 %. Les émissaires berlinois ont "finalement décidé de voter pour le texte proposé par Vienne". Alors que la France, les Pays-Bas et le Luxembourg semblaient s'accorder sur les réductions annoncées par le Parlement, l'Allemagne et les pays de l'Est constituaient un groupe qui ne voulait aller au-delà de 30 % de baisse. 30%, "c'est le maximum que nous pouvons faire" a affirmé Neno Dimov, le ministre bulgare de l'Environnement: "nous pensons que cela aura une influence probable sur l'ensemble de la compétitivité du marché européen", a-t-il expliqué.

" C'est un grand pas en avant dans la réalisation de nos engagements dans le cadre des accords de Paris ", s'est réjoui le commissaire européen en charge du changement climatique, Miguel Arias Canete.

Les ministres de l'Environnement européens se sont retrouvés aujourd'hui à Luxembourg pour boucler un accord sur la baisse des émissions de CO2 des voitures neuves, au lendemain d'un coup de semonce des experts de l'ONU sur les dangers du réchauffement climatique.

Le groupement d'ONG Transport et Environnement a d'ores et déjà déploré des objectifs " décevants " face aux conclusions du rapport des experts du Giec.

Des pays comme la Suède, le Danemark ou encore les Pays-Bas réclament de leur côté une baisse plus importante. Les 28 ministres des différents pays de l'UE ont toutefois voulu distinguer les VP des VUL, avec des objectifs un peu moins élevés pour ces derniers: les nouveaux utilitaires légers devront réduire leur grammage moyen de 30 % d'ici à 2030 avec le même objectif intermédiaire de 15 % en 2025, toujours par rapport à l'objectif de 2021.

Derrière ce manque d'ambition, l'influente industrie automobile. L'Allemagne, place forte de l'industrie automobile, avait prévenu ses partenaires que des objectifs trop ambitieux nuiraient aux constructeurs européens et à l'emploi. Pour Claude Turmes, le secrétaire d'État luxembourgeois au Développement durable, c'est "l'industrie automobile allemande qui met la politique environnementale allemande au pied du mur". Il déclare vouloir "mettre un terme" à cette situation. Dans une déclaration au Mondial de l'Auto de Paris, le président du directoire de PSA Carlos Tavares a ainsi lancé: "si l'Union européenne veut baisser les émissions CO2, très bien. Mais l'électrique aujourd'hui, c'est comme le bio, c'est plus cher et c'est le monopole technologique de l'Asie".

Notons enfin que le vote du 9 octobre ne signe pas la fin du processus législatif.

La bataille autour des objectifs de réduction des émissions de CO2 se poursuit. Les délicates tractations sont par conséquent appelées à durer encore plusieurs semaines.

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