Une pénurie de bière est à prévoir à cause du réchauffement climatique

Le réchauffement climatique augmenterait le prix de la bière

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Selon Dabo Guan, l'un des auteurs de l'étude, le changement climatique pourrait déclencher un nouveau type de prohibition dans laquelle la bière deviendrait un produit de luxe qui ne serait plus disponible pour la classe ouvrière. Moins de 20 pour cent de l'orge mondiale est transformée en bière.

L'étude prédit les plus fortes hausses de prix dans les pays nantis et amateurs de bière comme l'Irlande, dont les six emballages pourraient coûter 18 Euros de plus. Le reste sert, entre autre, à nourrir les animaux d'élevage.

Au lieu d'essayer de prévoir les événements à venir, les chercheurs se sont posés la question suivante: qu'adviendrait-il de l'industrie de la bière si elle connaissait, dans les années à venir, la forme de sécheresse ou de chaleur la plus sévère anticipée par les scientifiques?

M. Davis et ses collègues ont seulement examiné la combinaison des vagues de chaleur et de la sécheresse, et non le réchauffement général qui devrait également affecter le lieu de culture de l'orge. Selon les scientifiques, si la planète continue de se réchauffer avec les émissions liées charbon, au pétrole et au gaz, les conditions météorologiques auront une incidence sur la production d'orge tous les deux ans d'ici la fin du siècle. Les chercheurs ont réfléchi à la question et évoquent les conséquences de leur constat: "Bien que les effets du changement climatique sur la bière puissent sembler modestes par rapport à de nombreux autres, parfois menaçants, il existe néanmoins un élément fondamental dans l'appréciation interculturelle de la bière, précise notamment le professeur Guan". C'est, à peu de chose près, l'équivalent de ce qui est bu en un an aujourd'hui aux États-Unis.

Les prix, en moyenne, doubleraient à la suite de ces crises. Dans le top 20 des régions consommatrices (par habitant) figurent aujourd'hui les pays européens, les États-Unis, la Nouvelle-Zélande, l'Australie. Les principaux pays qui exportent l'orge (Australie, France, Russie et Ukraine, principalement) vont pouvoir se frotter les mains: ils pourront relever le prix de leurs productions. Et surtout, les grands importateurs risquent de payer encore plus cher pour leur orge.

Dans un monde où le climat promet aussi de réduire la productivité et la valeur nutritionnelle du blé, du maïs ou encore du riz, l'orge pourrait en outre être consacrée prioritairement à des usages alimentaires. Parmi ces pays, il y a la Chine, l'Arabie saoudite, les Pays-Bas.et la Belgique. "Quand un événement extrême survient, le rendement de toutes les cultures décline".

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