Khashoggi : Trump demande l'enregistrement

Donald Trump

Donald Trump à la Maison-Blanche le 10 octobre 2018. Jonathan Ernst Reuters

Ce dernier avait été aperçu dans l'enceinte du consulat saoudien à Istanbul, le 2 octobre dernier.

La responsabilité des Saoudiens dans la disparition du journaliste prend de l'ampleur au fur et à mesure que l'enquête avance. Les enquêteurs sont également retournés au consulat saoudien d'Istanbul.

La publication de nouvelles images tirées des caméras de vidéosurveillance retraçant les mouvements à Istanbul d'un officier des services de sécurité proche du prince héritier saoudien a fait encore monter d'un cran la pression sur Riyad.

En attendant les explications de l'Arabie saoudite, qui devrait affirmer que le journaliste est mort lors d'un interrogatoire qui a mal tourné, les révélations accablantes s'enchaînent dans la presse turque. Selon le journal américain, qui publie plusieurs photos pour appuyer ses dires, Maher Abdulaziz Mutreb a plusieurs fois accompagné le prince lors de déplacements aux Etats-Unis en mars 2018 ainsi qu'à Madrid et à Paris en avril 2018.

Le Washington Post a publié mercredi ce qu'il présente comme la dernière contribution de Jamal Khashoggi, un texte dans lequel le journaliste évoque sur le manque de liberté de la presse dans le monde arabe.

L'enquête se poursuit au moment où plusieurs médias turcs révèlent qu'un enregistrement sonore accrédite la thèse de l'assassinat du journaliste au sein du consulat saoudien par un commando dépêché de Ryad. Des récits effroyables de torture sur fond de musique, de décapitation et de démembrement ont été relayés par la presse turque. "Compte tenu de la possible implication des autorités saoudiennes dans la disparition forcée de Khashoggi et de son assassinat, ainsi que du manque d'indépendance du système de justice pénale saoudien, l'impartialité de toute enquête menée par les autorités saoudiennes serait remise en question", ajoute le communiqué. Le jeudi 18 octobre, le ministre de l'Économie et des Finances a annoncé qu'il ne se rendrait pas au Future Investment Initiative qui doit se tenir à Riyad du 23 au 25 octobre. Des personnalités politiques et économiques étaient annoncées pour cet événement.

Alors que la décision du ministre français vient alonger la liste des responsables boudant le "Davos du désert", Bruno Le Maire a également déclaré: "Le président de la République l'a dit très clairement, les faits sont très graves".

Donald Trump affirme que son gouvernement a demandé des explications "au plus haut niveau". Quant au scénario lui-même, il semble bien que la victime ait été maltraitée puis traînée hors du bureau du consul, puis décapitée et enfin démembrée par un des 15 barbouzes saoudiens arrivés quelques heures plus tôt à Istanbul, à bord de deux avions appartenant à des sociétés privées proches du Palais royal. "Oui", a déclaré Trump à la chaîne de télévision CBS, le jeudi 11 octobre.

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