La Turquie dément avoir fourni "un enregistrement" à Washington — Khashoggi

Khashoggi des employés du consulat témoignent une crise en vue entre Ryad et ses alliés

Jamal Khashoggi a été décapité selon la presse turque

Devant l'accumulation d'indices, le président américain, qui a d'abord cherché à ménager son allié saoudien, a pour la première fois admis jeudi que ce journaliste était très probablement mort.

Le ministre français a expliqué avoir pris sa décision en réaction à l'affaire Khashoggi, journaliste saoudien critique envers le pouvoir de Riyad, porté disparu depuis le 2 octobre, jour où il avait pénétré dans le consulat saoudien d'Istanbul. "Voici le chef de l'équipe d'exécution", titre le quotidien progouvernemental turc Sabah. "C'est mauvais, très mauvais mais on va voir ce qui se passe".

Mutreb peut être vu sur les images quittant l'hôtel muni d'une "grande valise" et accompagné d'un groupe d'homme. Il arrive 45 minutes plus tard à l'aéroport d'Istanbul pour prendre un vol.

A lire aussi:Où se trouve Jamal Khashoggi? Il n'en est jamais sorti.

La rapidité de la réaction d'Antonio Guterres vendredi après l'aveu saoudien tranche avec la prudence observée jusqu'alors à l'ONU depuis début octobre. Après l'annonce saoudienne, répondant à un journaliste qui lui demandait s'il jugeait la version de Ryad "crédible", M. Trump a répondu: "Oui, oui". La presse turque soutient depuis plusieurs jours que le journaliste a été interrogé et torturé, avant d'être décapité dans l'enceinte consulaire saoudienne.

"Les discussions entre Jamal Khashoggi et ceux qu'il a rencontrés au consulat du royaume à Istanbul ont débouché sur une rixe, ce qui a conduit à sa mort", à l'intérieur du consulat à Istanbul. Le site Middle East Eye fait état de cris "effroyables" entendus par un témoin et indique que ses doigts ont été coupés alors qu'il était encore en vie. Cette personne raconte que l'assassinat a duré 7 minutes. "Il n'y a pas eu de tentative d'interrogatoire".

Pour le moment, ajoute encore cette source, le Conseil d'allégeance, formé de quelque 32 princes Saoud, ne s'est pas encore réuni.

Sur l'un des enregistrements, le consul saoudien Mohammad al-Otaibi est intervenu, lançant un "Faites ça dehors, vous allez m'attirer des problèmes" à quelqu'un. L'Arabie saoudite accuse également le Qatar et la Turquie de ne pas jouer l'unité du monde sunnite face à l'Iran chiite qu'Erdogan courtise et que la Qatar ménage, alors que le prince va-t-en-guerre Mohamed Ben Salmane n'est pas loin de vouloir déclarer la guerre à Téhéran, sa bête-noire qu'il combat indirectement au Liban, en Syrie, en Irak et surtout au Yémen (rebelles chiites houthistes pro-iraniens bombardés et sous embargo).

En Syrie, l'Arabie Saoudite, qui soutenait le renversement de Bachar Al Assad, a finalement été marginalisée.

Dernier élément troublant en date, selon Yeni Safak toujours, l'un des membres du commando serait mort le 18 octobre dans un accident de voiture.

Même son de cloche chez l'éditorialiste d'un autre média turc, Hürriyet. Celui-ci estime que la mort de cet officier témoigne de la volonté du prince saoudien Ben Salmane de faire disparaître les témoins gênants dans cette affaire qui a provoqué une vaste crise diplomatique.

De son côté, la monarchie saoudienne, qui tente de minimiser son implication, envisagerait de faire porter le chapeau au général Ahmed Assiri, un conseiller de "MBS".

Dernières nouvelles