La Chine justifie l'internement de musulmans !

Des Ouïghours dansent devant une mosquée dans la province de Xinjiang en juin 2017

Des Ouïghours dansent devant une mosquée dans la province de Xinjiang en juin 2017

Selon ces rapports d'ONG et les estimations de groupes d'experts onusiens, jusqu'à un million d'Ouïghours et d'autres membres d'ethnies chinoises de langue turque sont détenus dans la région du XinJiang. Le pouvoir chinois a longtemps nié l'existence de centres d'internement.

Etats-Unis et le Comité des Nations unies pour l'élimination de la discrimination raciale. La Chine a d'abord nié l'existence de ces établissements.

La nouvelle réglementation entrée en vigueur, mardi 9 octobre, reconnaît que ces centres existent puisqu'elle autorise, dans son article 33, la mise en place " des centres de formation professionnelle ", afin d'éduquer et de transformer les personnes qui ont été influencées par l'extrémisme et de les aider à transformer leurs pensées et à revenir dans la société ou leurs familles. Des attentats attribués à des Ouïgours ont fait des centaines de morts ces dernières années dans le pays. Mais cela ne devra pas justifier une telle pratique qui rappelle celle de l'ancien empire soviétique, sous le règne de Staline, qui envoyait tout opposant ou suspect au goulag. Il n'a pas précisé combien de personnes y étaient accueillies.

Ainsi, les camps de détention viseraient, selon Shohrat Zakir, à éduquer sur "la langue commune du pays, les connaissances juridiques, les compétences professionnelles et l'éducation de déradicalisation, alors que la direction clé est l'acquisition d'un emploi". Cela entraîne des conditions de vie et de travail difficiles dans la région.

" Grâce à la formation professionnelle, la plupart de ces stagiaires peuvent réfléchir à leurs erreurs et voir la véritable nature et le préjudice entraîné par le terrorisme et l'extrémisme religieux ", a continué Shohrat Zakir.

La Chine reconnait l'internement et donne sa version des faits! Une situation dénoncée massivement, depuis des mois, par les ONG des droits de l'homme et les médias.

" Aucune opération de communication ne peut cacher le fait que les autorités chinoises mènent une campagne de répression systématique ", a-t-il ajouté.

De son côté Patrick Poon, l'expert d'Amnesty International sur la Chine, a réagit en estimant que les propos de Shohrat Zakir sont " une insulte à la fois pour ceux qui souffrent dans les camps et les familles des disparus ".

Des diplomates chinois ont fait publier ces dernières semaines des tribunes dans de nombreux journaux étrangers afin de donner une vision positive de ces centres.

Le journal en anglais Global Times contrôlé par le Parti et au ton souvent nationaliste, a fustigé dans un éditorial les critiques, assurant qu'elles visaient à " créer le désordre et à provoquer un discours antichinois ".

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