Moscou avertit Trump qu'il est "dangereux" de sortir d'un traité nucléaire

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Washington se retire d'un important traité nucléaire, Moscou proteste

Mais jusqu'où iront-ils? Le président américain a confirmé samedi que les Etats-Unis allaient se retirer d'un traité sur les armes nucléaires conclu avec la Russie pendant la Guerre froide, accusant Moscou de le violer "depuis de nombreuses années". "Nous allons donc mettre fin à l'accord et développer ces armes", a affirmé le président américain, à propos du traité INF (Intermediate Nuclear Forces Treaty) sur les armes nucléaires de portée intermédiaire signé en 1987 par les présidents américain et soviétique de l'époque Ronald Reagan et Mikhaïl Gorbatchev.

Ce traité, en abolissant l'usage de toute une série de missiles d'une portée variant entre 500 et 5500 kilomètres, avait mis un terme à la crise déclenchée dans les années 80 par le déploiement des SS-20 soviétiques à têtes nucléaires, ciblant les capitales occidentales.

Les relations États-Unis/Russie se tendent encore un peu plus. Selon le président américain la Russie ne l'a pas respecté, de son côté, Moscou proteste.

Selon le journal britannique The Guardian, c'est M. Bolton lui-même qui fait pression sur Donald Trump pour un retrait du traité INF et qui bloque toute négociation pour une extension du traité New Start sur les missiles stratégiques, qui arrive à expiration en 2021.

Ce retrait est motivé par le "rêve" des Américains de dominer seuls le monde, a rapidement réagi une source au ministère des Affaires étrangères russe, en accusant Washington d'avoir "délibérément" sapé cet accord au fil des ans.

Le retrait américain "est le deuxième plus gros coup porté contre tout le système de stabilité mondiale", a affirmé un sénateur russe, Alexeï Pouchkov, le premier étant le retrait américain du traité ABM sur les missiles antibalistiques en 2001. Par ce traité, les deux pays renonçaient à posséder, à fabriquer et à tester des missiles de croisière d'une portée allant de 500 à 5000 kilomètres.

Dans quel contexte intervient ce retrait?

Son conseiller à la sécurité nationale, John Bolton, devait s'envoler samedi pour une tournée devant le conduire en Russie, en Azerbaïdjan, en Arménie et en Géorgie.

Le conseiller américain verra également le chef du Conseil de sécurité, Nikolaï Patrouchev, et le conseiller présidentiel Iouri Ouchakov. Vendredi, une Russe a été inculpée par la justice américaine pour ingérence dans les élections parlementaires américaines du 6 novembre.

M. Riabkov a rejeté dimanche ces accusations: " Non seulement nous ne violons pas le traité, mais nous le respectons de la façon la plus stricte, a-t-il insisté.

Le président américain avait promis avant son élection de renouer de meilleures relations avec la Russie, mais n'y était pas encore parvenu en raison notamment des soupçons de collusion entre son équipe de campagne et le Kremlin. Un procureur spécial, Robert Mueller, enquête depuis plus d'un an aux États-Unis sur ce dossier.

M. Bolton doit rencontrer lundi et mardi plusieurs responsables russes, à commencer par le ministre des Affaires étrangères, Serguei Lavrov, en préparation à une éventuelle rencontre entre M. Trump et le président russe Vladimir Poutine qui pourrait intervenir d'ici la fin de l'année.

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