Bercy veut s'assurer que l'offre d'Altifort est "sérieuse" — Ascoval

Ascoval: la pression augmente du côté des salariés

FRANCOIS LO PRESTI AFP

" C'est un blocage complet du site". Le repreneur réclamait à Vallourec, l'actionnaire principal de l'usine, une aide financière pour subventionner la reprise. Une centaine de salariés et intérimaires, qui devaient prendre leur poste à 6h, ont attendu dans le calme jusqu'à 7h30 environ, avant de rentrer chez eux pour la plupart.

Le centre de recherche, où travaillent environ 150 personnes, n'était pas bloqué.

L'aciérie de Saint-Saulve (Nord), qui compte 281 employés, est menacée de disparition depuis la liquidation judiciaire en février de son principal actionnaire, Ascq Industries, et s'est vue accorder cette semaine un sursis de deux semaines par la justice. Ce délai doit permettre de valider l'offre de reprise du franco-belge Altifort et de trouver un accord avec Vallourec, son actionnaire et son unique client aujourd'hui, ont indiqué des représentants de la direction et du personnel d'Ascoval à l'issue de l'audience.

Or, Vallourec, spécialiste des tubes en acier sans soudures et dont l'État est actionnaire à 17%, a refusé en début de semaine cette demande, la jugeant "contraire à la préservation (de ses) intérêts" et suscitant la colère des syndicats et des élus locaux.

La secrétaire d'État auprès du ministre de l'Économie Agnès Pannier-Runacher, qui s'est rendue dans le Nord mardi, a réuni l'ensemble des acteurs du dossier vendredi.

Le cabinet Roland Berger a en effet été mandaté jeudi 25 octobre pour réaliser ce travail.

De leur côté, les syndicats ont jugé l'initiative du gouvernement bien trop tardive "à quelques jours de la mort d'un site", selon les mots de Bruno Kopczynski, porte-parole de l'intersyndicale, pour qui "le gouvernement réagit dans la panique".

Devant le site de Vallourec, vendredi matin, Cédric Henry, délégué FO de la tuberie d'Aulnoye-Aymeries (220 salariés), se disait "solidaire" de ses camarades d'Ascoval. Si demain on tombe, Vallourec continuera sa politique de désindustrialisation au niveau français et européen.

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