Les employés manifestent, Sundar Pichai s'excuse — GoogleWalkout

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Après les révélations de harcèlement sexuel, les employés de Google réagissent

Je ne suis pas à mon bureau parce que je vais participer, en solidarité avec d'autres employés de Google, à un rassemblement pour protester contre le harcèlement sexuel, les agressions sexuelles, le manque de transparence et une culture d'entreprise qui ne marche pas pour tout le monde.

Au siège social du groupe, à Mountain View (Californie), des images diffusées par des salariés sur Twitter et par des télévisons locales montraient des milliers de salariés - surnommés "Googlers"- rassemblés entre les nombreux bâtiments du campus, le "Googleplex", en pleine Silicon Valley, le berceau des géants technologiques. Environ 500 employés se sont rassemblés dans un espace extérieur du siège européen de Google à Dublin. Parmi eux Andy Rubin, créateur d'Android.

Les organisateurs de la manifestation avaient appelé les quelque 90'000 employés de Google dans le monde à sortir de leurs bureaux à 11 heures du matin, dans leur fuseau horaire respectif. Cette mobilisation est d'autant plus surprenante qu'elle intervient "dans une entreprise qui a longtemps été considérée comme à la pointe en matière d'aide et de soutien aux employés, grâce à de généreux avantages et à une certaine tolérance vis-à-vis des désaccords internes". De Singapour à New York, en passant par Dublin et Londres, plusieurs milliers d'employés au total ont manifesté de la même manière. "Chez Google, nous mettons la barre très haut et nous n'avons clairement pas répondu à nos propres attentes", a-t-il notamment expliqué lors de cette conférence organisée par le " New York Times ". Une référence à Time's Up, mouvement de défense des victimes de harcèlement sexuel né dans la foulée du mouvement Me Too, en novembre 2017. "Mais nous avons aussi des objectifs en tant qu'entreprise", a-t-elle ajouté, soulignant que l'une des valeurs de Google était "le respect".

Après l'article du New York Times, le patron de Google Sundar Pichai avait envoyé un email aux salariés du groupe, indiquant que 48 salariés, dont 13 hauts responsables, avaient été renvoyés pour harcèlement sexuel ces deux dernières années, sans indemnités. En effet, ce dernier a choisi de s'excuser au nom de Google pour "ne pas avoir toujours fait les choses comme il fallait", assumant ces erreurs passées et affirmant que la firme mettrait à l'avenir tout en œuvre pour mieux gérer tout comportement inapproprié, encore plus lorsqu'il s'agirait de harcèlement sexuel.

Rich DeVaul faisait partie des hauts cadres "protégés" par Google alors que le groupe les savait accusés de harcèlement, selon le NYT.

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