Le gouvernement pakistanais cède aux islamistes dans l'affaire Asia Bibi

Manifestation des partisans du Tehreek-e Labaik contre la décision de la Cour suprême du Pakistan d'acquitter Asia Bibi le 31 octobre

Manifestation des partisans du Tehreek-e Labaik contre la décision de la Cour suprême du Pakistan d'acquitter Asia Bibi le 31 octobre

A ces manifestations, l'avocat réagit: "Je m'y attendais mais ce qui est douloureux, c'est la réponse du gouvernement". Le gouvernement a signé dans la nuit de vendredi à samedi un accord controversé avec des manifestants islamistes qui ont paralysé le pays trois jours durant. Il prévoit principalement que le gouvernement ne s'opposera pas au dépôt d'une requête en révision du jugement de la Cour suprême au sujet d'Asia Bibi et par ailleurs qu'il lancera une procédure visant à inscrire son nom sur une liste de personnes empêchées de quitter le territoire.

" Nous craignons qu'Asia Bibi soit emmenée à l'étranger et avons donc demandé à la Cour que le cas soit auditionné rapidement", a-t-il expliqué. "Ne nous forcez pas à entrer en action", a-t-il dit, ajoutant qu'il espérait une résolution "pacifique".

Concrètement, cela signifie que Mme Bibi, actuellement incarcérée à Multan (centre) devra dans l'immédiat demeurer soit en prison, soit dans un autre endroit sûr en attendant que la requête soit examinée, a estimé pour sa part l'avocat de la quinquagénaire, Saif-ul-Mulook, interrogé samedi par l'AFP.

Puisque le cas d'Asia Bibi divise fortement l'opinion pakistanaise, son mari pense que sa femme ne pourra pas rester dans son pays à sa libération. "Dans le scénario actuel, il ne m'est pas possible de vivre au Pakistan ", a déclaré l'avocat à l'AFP avant d'embarquer à bord d'un avion tôt samedi". Et d'ajouter: "J'ai besoin de rester en vie car je dois poursuivre la bataille judiciaire pour Asia Bibi". Son avocat, Saif-ul-Mulook, a quitté le pays samedi, déclarant craindre pour sa vie après des menaces d'islamistes radicaux.

Tous les grands axes et autoroutes du pays étaient fermés au trafic vendredi, tandis que la circulation apparaissait réduite sur les routes secondaires, beaucoup de gens ayant préféré rester chez eux.

"Le gouvernement était vivement critiqué samedi pour cet accord, qualifié de " nouvelle reddition ". Il semble que le discours de fermeté à l'égard des islamistes prononcé mercredi soir par le Premier ministre Imran Khan " soit déjà condamné à la poubelle de l'Histoire ", conclut le journal.

Le TLP avait déjà bloqué l'accès à Islamabad pendant plusieurs semaines en novembre 2017 pour des motifs également liés à la question du blasphème et obtenu la démission du ministre de la Justice.

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