Demi-victoire pour Trump

AFP  J. Brown

AFP J. Brown

Ces résultats peuvent sembler surprenants quand on découvre que les Démocrates ont pris trente-trois sièges aux Républicains à la chambre des représentants, mais en ont laissé filer un au sénat. Si les démocrates risquent au final de perdre quatre de leurs sièges sans en conquérir un seul, ils ont aussi réalisé des scores substantiels dans de nombreux bastions républicains: ils perdent de justesse au Texas, sauvent leurs sièges dans les très rouges Montana et Virginie-Occidentale et les conservent très largement dans la "Rust Belt", ces États du Midwest (Wisconsin, Michigan, Ohio...) devenus le symbole de la défaite de Hillary Clinton en 2016 et où Trump était supposé être l'idole de l'électorat populaire.

Toutefois, les démocrates contrôlant la Chambre, ils seront soumis à un contrôle.

Donald Trump en meeting à Pensacola (Floride), le 3 novembre 2018. Le premier, celui de la réélection de Trump après deux ans de "cohabitation" avec une Chambre des représentants démocrate et de guéguerre partisane qu'il adore, est toujours crédible.

Arborant une cravate bleu vif - un choix étonnant, c'est la couleur des démocrates -, Donald Trump a salué les résultats des républicains, "qui ont défié l'histoire en élargissant leur majorité au Congrès". Ils ont aussi laissé échapper leurs sièges dans le Missouri et le Dakota du Nord.

Depuis deux mois, cette tentaculaire enquête avait été remisée au second plan en vertu d'une règle du ministère de la Justice, qui impose aux magistrats de se garder de toute inculpation à caractère politique dans les 60 jours précédant une élection. Dans le Wisconsin, par exemple, la sénatrice démocrate Tammy Baldwin a été réélue alors que les Républicains avaient misé beaucoup d'espoir sur cet Etat [bastion traditionnellement démocrate, le Wisconsin avait voté pour Donald Trump à la présidentielle de 2016]. ", s'interroge le New York Times ce matin".

"Avant, je pouvais parler de politique avec [mes voisins républicains]". A Kansas City, le républicain Kevin Yoder, élu au Congrès en 2010, a été facilement battu par Sharice Davids, une ancienne championne d'arts martiaux descendante d'une tribu indienne.

Donald Trump a fait campagne jusqu'au dernier moment au son de "Make america great again". "Chaque jour est pire que le précédent", a affirmé cette supportrice de Tom Malinowski. Elle a aussi dit avoir vu les divisions se creuser avec ses voisins républicains: "Avant, je pouvais parler de politique avec eux. Maintenant, ce n'est plus possible". Le Président n'a pas non plus épargné son propre parti. Les candidats au Sénat qui ont affiché leur soutien sans retenue au président des États-Unis et à son message anti-immigration, ont remporté des victoires importantes.

Trump peut aussi tabler sur les faiblesses du camp d'en face. Le jeune Beto O'Rourke, décrit par certains comme le Barack Obama blanc, est une figure du parti que d'aucuns considéraient comme un potentiel candidat pour l'élection présidentielle de 2020.

"Le principal défi pour les démocrates, d'ici là, sera de se trouver un leader capable de rassembler le parti".

Alors que le Républicain l'emporte avec 50.2% contre 49.8% pour le Démocrate, Bill Nelson a fait savoir qu'il souhaitait un recomptage des votes. Donald Trump revendique une victoire personnelle. "Extraordinaire succès ce soir. Merci à tous!", a-t-il tweeté peu après l'annonce que les conservateurs conserveraient le Sénat. Il affrontait ce mardi un scrutin majeur: la constitution américaine prévoit en effet qu'à mi-mandat (le Midterm), les citoyens du pays votaient pour renouveler une partie du Congrès: l'intégralité de la chambre des représentants et un tiers du Sénat. "Au lieu de rassembler le peuple américain, il essaie de nous diviser sur la base de la couleur de notre peau, de notre origine, de notre religion, notre genre, notre identité sexuelle", a-t-il poursuivi.

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