Macron suscite la controverse en vantant Pétain | Europe

Macron : « Pétain a été un grand soldat pendant la Première guerre mondiale »

Centenaire de la Grande Guerre : Macron justifie de célébrer Pétain, "grand soldat" malgré "des choix funestes", le Crif est "choqué"

Il a d'ailleurs rencontré le président de la région, le Républicain Xavier Bertrand.

La Ligue internationale contre le racisme et l'antisémitisme (Licra) a également fait valoir que le maréchal Pétain était "un symbole effroyable". Aussitôt validée et assumée par l'Elysée, la cérémonie d'hommage aux chefs militaires de la Première Guerre mondiale prévue ce samedi aux Invalides s'est attirée des critiques de toutes parts. Philippe Pétain, ex-général de la Grande guerre avant de devenir la clé de voûte de la collaboration avec l'Allemagne nazie entre 1940 et 1944.

Sentant monter une "mauvaise polémique" selon les termes du porte-parole du gouvernement Benjamin Griveaux, l'Elysée a rapidement tenté de déminer la dispute ce mercredi en diffusant une vidéo des propos d'Emmanuel Macron, insistant sur le fait que le président n'avait pas occulté la dimension obscure de la seconde carrière du Maréchal Pétain. C'est aussi ce qui fait que la vie politique, comme l'humaine nature, sont parfois plus complexes que ce que l'on voudrait croire.

Pour le président de la République, il a été "pendant la Première Guerre mondiale un grand soldat", il fait partie de ceux qui ont "conduit l'armée à la victoire", avant de conduire, a reconnu ensuite le chef de l'État, "des choix funestes" pendant la Deuxième en collaborant avec le régime nazi.

"Il n'y a pas matière à polémique, c'est une cérémonie qui se déroule pour les maréchaux, pas pour Pétain spécifiquement", affirme Pierre Servent, spécialiste des questions de défense et auteur du livre "Le mythe Pétain".

"Je me suis toujours opposé au défaitisme français ou à la complaisance envers toute idéologie". Vous ne pouvez pas me reprocher d'avoir été ambigu sur ce point. La ministre des Armées, Florence Parly, avait indiqué la semaine dernière qu'il n'avait " jamais été question d'honorer la mémoire du maréchal Pétain ".

Dans le camp de la gauche française, les réactions n'ont pas tardé à arriver. "Il est impensable que celui qui est garant des institutions ne respecte pas cette sentence et entreprenne de le réhabiliter", a renchéri Ian Brossat, le chef de file du Parti communiste aux élections européennes. Depuis que cette annonce a été faite, un nom suscite des critiques. Le Maréchal Pétain, traître à la patrie, a été condamné à l'indignité nationale. Ses crimes et sa trahison sont imprescriptibles.

" Je suis choqué par cette déclaration de Macron ", a déclaré le président du CRIF, Francis Kalifat, à l'agence Associated Press. "L'Histoire de France n'est pas votre jouet", a par exemple tweeté le leader de la France Insoumise (gauche radicale), Jean-Luc Mélenchon. Georges Pompidou avait pris soin de fleurir sa tombe à l'île d'Yeu en février 1973, au retour du cercueil qui avait été dérobé par un commando d'extrême droite qui souhaitait le faire inhumer à Verdun. "C'est fort de café", a répliqué le porte-parole du gouvernement. Emmanuel Macron espérait rebondir après un été marqué par l'affaire Benalla et une rentrée calamiteuse (démissions de ministres, rejet grandissant de sa politique).

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