Quelles informations contient le carnet de santé numérique

Le dossier médical partagé doit permettre à chacun d’accéder à ses données de santé tout en facilitant le partage d’informations entre soignants

Le DMP, un pas de plus vers la e-santé

Mais que va-t-il contenir exactement et qui peut avoir accès à notre dossier médical? La ministre de la Santé, Agnès Buzyn, a lancé en grande pompe, ce mardi 6 novembre, la généralisation de cet outil "indispensable à la médecine de demain", selon elle.

Lundi, elle a invité "tous les Français" à "se faire ouvrir" un DMP, soit sur internet, soit chez leur pharmacien, vantant un outil permettant des "gains de temps, peut-être des économies" en rationalisant les soins, mais "avant tout un outil de partage d'information pour faire de la meilleure médecine".

Chacun peut désormais se rendre sur le site dmp.fr pour créer son carnet en ligne, et télécharger l'application mobile dédiée.

Ce sont les professionnels de santé consultés qui auront pour mission de nourrir le DMP avec vos données (analyses, comptes rendus...). Non obligatoire, "gratuit, confidentiel et sécurisé", le DMP "conserve précieusement" les informations de santé du patient, libre de les partager avec son médecin traitant, son kinésithérapeute, son infirmière, etc., explique aujourd'hui l'Assurance maladie. "Je savais que j'étais allergique à un médicament mais ne me souvenais plus lequel, alors l'anesthésiste a supposé qu'il s'agissait de la pénicilline". Éviter ce type d'incident, mais aussi les interactions médicamenteuses dangereuses ou les actes redondants et inutiles est la vocation du DMP, également censé favoriser la coopération entre les professionnels de santé.

Un objectif et un enthousiasme partagés par Alain-Michel Ceretti, le président de France Assos Santé, représentant de 80 associations de patients. Il est de ce fait particulièrement recommandé aux personnes atteintes de pathologies chroniques ou aux femmes enceintes.

Le dossier médical partagé (DMP), c'est quoi?

Le déploiement de ce DMP a été confié à l'Assurance maladie en 2016 par la loi santé de Marisol Touraine, après une dizaine d'années d'atermoiements coûteux. Ni l'administration (y compris l'Assurance maladie), ni les mutuelles, ni aucun opérateur privé n'a le droit d'y avoir accès, ni d'en demander une copie. L'objectif fixé avec des syndicats de professionnels de santé est de 40 millions de DMP créés d'ici à 5 ans.

Autre "grand changement", le DMP, jusqu'à présent resté plutôt vide, est désormais automatiquement alimenté par l'Assurance Maladie à partir de l'historique des remboursements, le rendant "immédiatement utile" pour les blouses blanches, incitées à l'alimenter à leur tour.

Toutes ces données sont conservées pendant dix ans.

Appelé à évoluer, le DMP intégrera aussi "dès avril 2019" un espace "réservé aux directives anticipées" des patients en fin de vie, et bénéficiera d'une version plus ergonomique de l'application mobile.

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