Donald Trump se sépare de son ministre de la Justice Jeff Sessions

Donald Trump Jeff Sessions

Donald Trump et Jeff Sessions à Washington en mai 2017. Evan Vucci AP SIPA

Prêt à la contre-attaque, le président américain qui nie toute collusion entre Moscou et son équipe de campagne en 2016, a tweeté dès mercredi matin sur "une chasse aux sorcières écœurante" menée selon lui par "des démocrates vindicatifs". Depuis deux mois, ils s'étaient montrés discrets en raison d'une règle fixée par le ministère de la Justice qui impose aux magistrats de se garder de toute inculpation à caractère politique dans les 60 jours précédant une élection.

En juillet 2017, Matthew Whitaker - qui n'était pas encore chef de cabinet de Jeff Sessions - imaginait en effet sur CNN un scénario dans lequel Donald Trump limogeait son ministre de la Justice avant de "réduire le budget" dont dispose Bob Mueller pour enquêter à un point tel que cela mettrait quasiment fin aux investigations.

Le procureur, véritable bête noire du locataire de la Maison-Blanche, devrait aussi augmenter les pressions pour obtenir des réponses du président lui-même.

"Donald Trump a installé un affidé pour superviser l'enquête russe et franchi une ligne rouge censée protéger cette enquête", a également dénoncé l'association progressiste Move On, qui appelle les Américains à manifester jeudi à 17 h dans tout le pays contre "cette menace pour la démocratie". Les avocats de Donald Trump refusent toujours qu'il soit interrogé. Ils sont prêts à saisir la Cour suprême pour faire valoir leur position, a déclaré en août l'un de ses défenseurs, Rudy Giuliani.

Voici la question qui agite les démocrates depuis la démission forcée du ministre de la Justice Jeff Sessions mercredi: Donald Trump essaie-t-il de mettre fin à l'enquête russe?

Au lendemain des élections de mi-mandat, Donald Trump a contraint à la démission le ministre de la Justice Jeff Sessions, qui avait provoqué sa colère de longue date en se récusant de l'enquête russe.

S'il risque gros en tentant de limoger directement le procureur spécial Robert Mueller, Donald Trump a toutefois les moyens de s'en prendre à ses supérieurs hiérarchiques, garants de son indépendance. Le nouveau ministre n'aurait alors "qu'à lui couper les jambes en privé sans avoir à le limoger", ajoutait-il.

Les démocrates ont dénoncé un "abus de pouvoir", et certaines voix dans le camp républicain, ont craint que son arrivée ne signifie la fin de l'indépendance pour le procureur Mueller.

Grâce à leur nouvelle majorité, les élus démocrates de la Chambre pourront aussi convoquer des témoins ou réclamer des documents si Robert Mueller était empêché de le faire.

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