Le raz-de-marée démocrate n'a pas eu lieu — ELECTIONS US

MANDEL NGAN  AFP

MANDEL NGAN AFP

La participation a été très forte pour des élections de mi-mandat, sans être toutefois du niveau d'une année présidentielle. "C'était un grand jour, un jour incroyable", a déclaré Donald Trump. Le président Trump est allé dans cet État à quatre reprises au cours des dernières semaines. Après la reconquête démocrate de la Chambre des représentants et la conservation républicaine du Sénat intervenue mardi dernier, les deux camps embrayent donc sur une campagne en bonne et due forme. Celle qui valide les nominations au sein du cabinet et surtout celles des juges nommés par le président, dont ceux de la Cour suprême: en en nommant deux depuis le début de son mandat, Trump a déjà rendu celle-ci plus conservatrice, et il n'est pas exclu que d'autres sièges deviennent vacants dans les deux années à venir (deux des juges les plus à gauche de la Cour, dont l'icône féministe Ruth Bader Ginsburg, ont plus de 80 ans).

Ces élections ont donné lieu à de nombreuses premières. "Les électeurs indépendants penchent majoritairement pour les Démocrates, et ces derniers ont récolté beaucoup d'argent." .

La perte de la Chambre des représentants, désormais contrôlée par ses adversaires démocrates, lui complique singulièrement la tâche pour la deuxième partie de son mandat.

Ils contrôlent désormais 225 des 435 sièges- la majorité est à 218. Au Sénat, la majorité républicaine devrait passer de 51 à 53 sièges, sur 100.

Les démocrates ont aussi fait d'autres gains importants, mais au niveau des États.

D'après les projections de CNN, les démocrates ont obtenu 221 sièges. C'est une première depuis Nixon que le président en poste fait des gains au Sénat tout en perdant des sièges à la Chambre.

Même face à un échec cuisant, Donald Trump dira toujours que c'est une victoire.

Lui, qui a revendiqué un succès personnel, s'est vu promettre des jours difficiles par Nancy Pelosi, la cheffe des Démocrates, laquelle s'est engagée à imposer de nouveaux "freins et contrepoids" à son administration. Son opposant est le républicain Mike Braun, un homme d'affaires qui, à l'instar de Donald Trump, se positionne comme " l'outsider qui veut assainir le marécage " de Washington.

En matière étrangère, le président états-unien aura les mains plus libres, poursuit Tanguy Struye, "non que la politique étrangère soit un "domaine réservé" de la présidence, comme il l'est par exemple en France, mais parce que c'est le Sénat qui a le plus de poids en la matière: c'est le Sénat qui peut déclarer la guerre, c'est le Sénat qui ratifie les traités; c'est aussi le Sénat qui approuve ou non le remaniement de cabinet, tel qu'il va sans doute s'en produire un dans les prochains jours, avec le remplacement annoncé du secrétaire à la Défense". Ensuite, la "vague bleue" annoncée par les démocrates ne s'est pas produite.

La carte électorale sénatoriale jouait, cette année, en faveur des républicains: le renouvellement par tiers concernait des Etats majoritairement conservateurs.

De plus, les républicains sont en train de perdre le vote des femmes, souligne Denis Lacorne, spécialiste de la politique américaine à Sciences Po à Paris, dans un entretien à 20Minutes.fr.

"L'écart entre le vote féminin et le vote masculin n'a jamais été aussi grand que lors de ces midterms. Il y a une différence de 20 points, et c'est en défaveur des républicains". Les élections de mi-mandat sont traditionnellement délicates pour le président en place. "Cela ne me pose pas de problème", a-t-il commenté. L'élection présidentielle de 2016 a démontré que la plupart des analystes et des spécialistes l'avaient sous-estimé, sans parler des démocrates.

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