Les assises de Corrèze jugent la mère de Séréna, l'enfant "du coffre"

Procès de la mère de Serena, qui avait élevé sa fille dans un coffre de voiture

En Corrèze, le procès du "bébé du coffre" ou d'une inouïe dissimulation

Le garagiste de Terrasson (sud-ouest) qui en octobre 2013 découvrit le bébé, parla du "spectacle horrifiant" d'une enfant de deux ans ou un peu moins, entourée d'excréments, ne pouvant tenir sa tête droite, "blanche comme du plâtre, et avec des yeux révulsés". Il venait de la trouver dans un couffin, dans le coffre d'une voiture apportée par une cliente. Un "déficit fonctionnel à 80%", un "syndrome autistique vraisemblablement irréversible", a souligné une expertise.

Rosa, la mère âgée de 50 ans à présent, laissée libre sous contrôle judiciaire, comparaît à partir de 14H00 pour violences suivies de mutilation ou infirmité permanente sur mineur de 15 ans par ascendant, privation de soins ou d'aliments compromettant la santé d'un enfant par ascendant, et dissimulation ayant entraîné atteinte à l'état-civil d'un enfant.

Le cas de "Séréna" - le prénom donné par la mère - "défie l'imagination", admettra le procureur de Brive à l'époque. Alors que le procès dans l'affaire Séréna s'ouvre devant les assises de la Corrèze le 12 novembre 2018, Guillaume Iguacel revient sur les faits et le souvenir qu'il en garde. Et un "lien de causalité" avec l'isolement vécu par l'enfant.

Le procès, qui débute ce lundi, doit se poursuivre jusqu'au 23 novembre.

Selon la Corrézienne, elle n'aurait pris conscience de sa grossesse qu'au huitième mois et l'avait cachée à son entourage, voire son conjoint.

La mère elle-même, dans une interview à TF1 fin 2013, expliquera avoir accouché seule à l'aube, n'avoir pu en parler à personne le jour-même, ni le lendemain, ni le surlendemain. "Je me suis enfermée dans un mensonge, un gouffre.", témoigne Maria-Rosa Da Cruz dans l'émission "Sept à Huit" en novembre 2013. "Je ne l'ai jamais maltraitée, je ne pouvais pas m'en occuper comme je me suis occupée de mes trois premiers enfants, mais j'ai essayé de la maintenir en vie", raconte-t-elle, toujours dans "Sept à Huit". "Le dossier met en avant le déni de grossesse, qui ne paraît pas contestable".

L'avocate de la défense, sollicitée, n'a pas souhaité s'exprimer en amont du procès.

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