Farida Hammiche, "le meurtre fondateur" du tueur en série — Michel Fourniret

Le crime à part de Michel Fourniret qui a fait

Michel Fourniret : Farida Hammiche, "le meurtre fondateur" du tueur en série

Michel Fourniret avait vieilli.

C'est pour ce meurtre que le tueur en série et sa complice seront jugés du 13 au 16 novembre devant la cour d'assises des Yvelines, à Versailles, une affaire que la justice française n'avait pas voulu joindre au procès de 2008 pour les sept assassinats d'adolescentes et de jeunes femmes.

La jeune femme, une énième victime du tueur, était l'épouse d'un ex-codétenu de Fourniret, le braqueur Jean-Pierre Hellegouarch, qui sera partie civile lors de ce procès aux côtés de deux sœurs et d'un amant de la victime. Le tueur et violeur en série français va devoir répondre, à compter de mardi, du seul crime qui lui soit imputé: un assassinat qui lui a permis de s'emparer du magot du "gang des postiches". "Et il se marie avec une femme de sept ans, trois mois et dix-huit jours son aînée qui manquait un peu d'inexpérience..."

Tout commence au milieu des années 1980. "Irréversible, le résultat", a poursuivi Fourniret froidement, interrogé par Me Didier Seban, avocat notamment de Jean-Pierre Hellegouarch, le veuf de Farida Hammiche. Problème, il est toujours incarcéré.

Michel Fourniret assiste, le 3 juillet 2004, à Donchéry, au château de Sautou, aux fouilles pour retrouver les corps de deux de ses victimes.

En mars 1988, alors que Fourniret a été libéré, Farida Hammiche le contacte, à la demande de son mari, pour qu'il l'aide à déterrer, contre rétribution, un trésor enfoui dans un cimetière du Val-d'Oise. Ils le cachent au domicile de la jeune femme à Vitry-sur-Seine, dans le Val-de-Marne.

L'enquête a établi que cette caisse recelait 20 kg de lingots et pièces d'or, une partie du magot amassé par cette célèbre entreprise criminelle spécialisée dans les braquages de banques et qui opéra à Paris entre 1981 et 1986. Elle lui promet 500.000 francs pour ce service. "L'Ogre des Ardennes" affirme, lui, avoir simplement négocié une ferme et 30 000 francs, ce qu'il n'aurait jamais obtenu. Ce qu'il dit n'avoir jamais obtenu.

L'"ogre des Ardennes" décide donc "de se servir lui-même", comme il l'avoue aux enquêteurs.

Quoi qu'il en soit, le 12 avril 1988, en présence de Monique Olivier, il attire Farida Hammiche dans un guet-apens et la tue.

De 1990 à 2000, aucun meurtre n'a pu être imputé à Michel Fourniret, a précisé l'enquêteur qui lui attribue "neuf tentatives d'enlèvement sur des gamines" sur la période. Ce qui reste du butin est enterré dans le jardin de la maison de Sart-Custine. Fourniret a finalement utilisé l'or pour acheter le fourgon qui lui a permis d'enlever des jeunes filles, et un manoir où il en a enterré d'autres.

Et c'est la stratégie des parties civiles, qui veulent faire reconnaître le meurtre de Farida Hammiche au même niveau que celui des sept autres victimes de Michel Fourniret. "Que ce meurtre soit enfin jugé", cela montre que "leur soeur avait de l'importance", estime l'avocate.

Au grand dam des membres de la famille Hammiche qui n'ont pu donner de sépulture à leur proche, faute de corps, déplore leur avocate Yolaine Bancarel.

"Je ne pense pas que Michel Fourniret soit diminué intellectuellement" ni "qu'il ait baissé la garde", a estimé Me Richard Delgenes, avocat de Monique Olivier, lors d'une suspension d'audience.

Interrogée en début d'après-midi sur sa personnalité, l'ex-femme de Fourniret, dont il a divorcé en 2010, assise dans le box à plusieurs mètres de lui, s'est montrée plus prolixe.

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