Antibiotiques : progression des résistances aux C3G des entérobactéries

Prévention santé: résistances bactériennes aux antibiotiques des pistes encourageantes

Prévention santé : résistances bactériennes aux antibiotiques, des pistes encourageantes

La campagne de sensibilisation dévoilée mercredi 14 novembre par le journal Le Parisien répond à une urgence. À la veille de la Journée européenne d'information sur les antibiotiques, organisée ce dimanche, un colloque s'est tenu hier au ministère de la Santé sur les capacités de la recherche à répondre aux défis de "l'antibiorésistance", c'est-à-dire au développement de superbactéries contre lesquelles les molécules existantes ne peuvent rien. L'occasion pour la ministre de la Recherche, Frédérique Vidal, d'annoncer le lancement d'un programme, doté de 40 millions d'euros, destiné à "comprendre les mécanismes d'apparition et de diffusion des résistances et à découvrir de nouvelles cibles thérapeutiques". Mais de quoi s'agit-il?

En 2015, près de 700.000 personnes sont victimes d'infections multi-résistantes, et environ 33.000 y succombent, d'après une récente étude publiée dans la revue The Lancet Infectious Diseases citée dans le communiqué du gouvernement.

Ces bactéries résistantes ne mettent pas seulement des vies en danger mais pèsent également sur les systèmes de santé: elles pourraient entraîner jusqu'à 3,5 milliards de dollars de dépenses annuelles d'ici 2050 dans chaque pays de l'OCDE, soit plus que la grippe, le sida et la tuberculose. L'Anses (Agence nationale de sécurité sanitaire de l'alimentation, de l'environnement et du travail) a annoncé mardi 13 novembre avoir fixé un nouveau cap ambitieux: réduire de 25% la consommation d'antibiotiques d'ici 2020. Les bactéries multirésistantes affectent 125 000 personnes tous les ans pour 5 500 décès.

Cette campagne a pour objectifs de sensibiliser les professionnels de la santé, ainsi que le grand public sur la menace croissante que peut constituer le mauvais usage des ATB pour la santé publique et d'encourager des actions contre l'automédication et l'usage abusif des ATB.

La résistance aux antibiotiques survient quand les bactéries changent et deviennent résistantes aux antibiotiques utilisés pour traiter les infections qu'elles provoquent.

Or les progrès initiaux du début des années 2000 ont nettement marqué le pas en santé humaine. Ainsi, en dix ans, la consommation globale de ces précieux médicaments en médecine de ville est repartie à la hausse, de 28,6 doses pour 1000 habitants en 2007 à 29,2 doses en 2017. L'année dernière, 759 tonnes destinées à la santé humaine et 459 tonnes pour la santé animale ont été écoulées dans l'Hexagone.

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