Tariq Ramadan obtient sa mise en liberté sous conditions — Enquête pour viols

L'Islamologue Tariq Ramadan le 26 mars 2016 à Bordeaux

L'Islamologue Tariq Ramadan le 26 mars 2016 à Bordeaux

La cour d'appel de Paris a ordonné ce jeudi la mise en liberté sous contrôle judiciaire de Tariq Ramadan, incarcéré depuis sa mise en examen le 2 février pour des viols qu'il conteste.

"Dans son ordonnance de rejet datée du 6 novembre, dont l'AFP a eu connaissance, le juge estimait que la détention "[était] toujours nécessaire", évoquant notamment des "risques de pression sur les plaignantes" et la nécessité "d'éviter le renouvellement de tels faits". C'était sa première apparition publique depuis son incarcération. En outre, Tariq Ramadan doit remettre ses documents d'identité et de voyage aux autorités compétentes en sus de se tenir à l'entière disposition de la justice pour toute éventuelle convocation.

"Il est évident que les aveux de M. Ramadan après neuf mois de mensonges ont joué dans cette décision", a ajouté Me Éric Morain. Il a obtenu sa mise en liberté sous conditions.

Après près de dix mois de détention, il devra résider en région parisienne et pointer une fois par semaine au commissariat. J'irais fuir où? Alors que tout va vers mon innocence, a quant à lui demandé l'islamologue. La militante féministe dit avoir été "harcelée" et avoir "reçu des appels anonymes, des insultes" dans la nuit de jeudi à vendredi. "Donc je suis plus choquée par ce regain de violence à mon encontre que par sa libération en fait". Christelle (nom d'emprunt) craint également les fidèles de l'islamologue, qu'elle décrit auprès d'Europe 1 comme des "gens dévoués, corps et âme, aveuglés, qui sont dangereux".

Plus tôt dans la journée, M. Ramadan avait clamé avec force son innocence. "Je n'ai jamais violé, je ne suis pas un violeur. Qui a instrumentalisé le mouvement #MeToo?", s'est-il défendu, reprochant à ses accusatrices de "se répandre dans les médias" alors que lui dit faire "confiance à la justice". "La cour ne va pas se prononcer sur les charges qui pèsent contre vous, mais sur la question de votre maintien ou non en détention", lui a rappelé le président de la cour d'appel de Paris jeudi.

A tour de rôle, les avocats de la défense et des deux plaignantes se sont renvoyé les accusations de menaces sur les protagonistes du dossier et leur entourage.

En Suisse, la plainte d'une femme, déposée en avril, a entraîné en septembre l'ouverture d'une instruction à Genève.

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