Meurtre de Khashoggi : Les USA dévoileront le coupable

The Guardian

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Entre vendredi soir et samedi, le Washington Post et le New York Times, deux influents quotidiens américains, ont affirmé que la CIA concluait que l'assassinat du journaliste autrefois proche du pouvoir, et devenu indésirable à Ryad, avait été commandité par le puissant "MBS ". C'est ainsi que le Washington Post évoque, opportunément, certaines des sources auxquelles se réfère la centrale de renseignements, comme cet appel téléphonique entre le frère du prince héritier, ambassadeur saoudien aux Etats-Unis, et Jamal Khashoggi.

Les affirmations du Washington Post, avec lequel collaborait régulièrement Jamal Khashoggi, très critique envers le prince héritier, contredisent de récentes affirmations du royaume saoudien, qui a totalement dédouané Mohammed ben Salmane.

Le vice-président a refusé de commenter des informations classifiées mais a qualifié le meurtre du Saoudien d'"atrocité" et d'"affront à une presse libre et indépendante". Le Washington Post a ajouté qu'il n'est pas clair si Khalid Ben Salmane, qui a passé ce coup de fil à la demande du prince héritier, était au courant que J. Khashoggi serait ensuite assassiné. Ceux-là, on les connaît bien, depuis jeudi dernier, lorsque le procureur général saoudien a parlé de peine capitale, non sans avoir disculpé au préalable Mohammed ben Salmane.

Le même jour, le département d'Etat américain a annoncé que Washington continue d'étudier la demande turque d'extradition du prédicateur Fethullah Gülen, accusé par Ankara d'avoir orchestré le putsch manqué de 2016. Elle a ajouté que la Maison-Blanche n'a "pas été impliquée dans des discussions" avec "les Turcs" au sujet de "l'extradition de Fethullah Gülen". Le président Donald Trump est une nouvelle fois plongé dans l'embarras par l'affaire Khashoggi, qui l'oblige à regarder en chien de faïence son allié saoudien.

Mme Nauert a déclaré qu'au moment où elle parlait il était prématuré de désigner tel ou tel responsable.

La CIA est convaincue de la responsabilité directe du prince héritier saoudien Mohammed ben Salmane (MBS) dans l'assassinat, le deux octobre 2018, du journaliste Jamal Khashoggi, au consulat saoudien d'Istanbul (Turquie). En précisant vouloir garder un "partenariat fort et historique" avec l'Arabie saoudite...

Les révélations du Washington Post risquent de tendre encore un peu plus les relations entre les Etats-Unis et l'Arabie Saoudite, qui a déjà rejeté les appels en faveur d'une enquête internationale. Depuis l'assassinat de Jamal Khashoggi, l'Arabie Saoudite a changé plusieurs fois son récit, niant d'abord avoir connaissance de la disparition du journaliste avant de faire état de sa mort lors d'une "rixe".

Ainsi, les grands quotidiens saoudiens Al-Riyadh et Okaz, ainsi que la chaîne d'information Al-Arabiya, titrent: "L'ambassadeur saoudien à Washington n'a pas proposé à Khashoggi d'aller en Turquie." .

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