La lutte contre la paludisme au point mort, selon l'OMS

Remettre la lutte antipaludique sur les rails. Lieux où le paludisme frappe le plus fort - OMS - Organisation Mondiale de la Santé

La lutte contre la paludisme au point mort, selon l'OMS

Afin de renouer avec la baisse du nombre des décès et des cas de paludisme, l'OMS et ses partenaires se joignent à une nouvelle action, dirigée par les pays, pour intensifier la prévention, le traitement et accroître les investissements pour protéger les personnes vulnérables à cette maladie mortelle.

A en croire l'OMS, la stagnation du nombre de cas correspond à celle des financements.

D'après le Rapport sur le paludisme dans le monde 2018, environ 70% des cas de paludisme (151 millions) et des décès (274.000) se concentraient en 2017 dans 11 pays: 10 en Afrique (Burkina Faso, Cameroun, Ghana, Mali, Mozambique, Niger, Nigeria, Ouganda, République démocratique du Congo et Tanzanie) plus l'Inde. Alors que ce fléau régresse à l'échelle de la planète, en Afrique le nombre de cas et de décès a augmenté entre 2016 et 2017.

La lutte contre le paludisme est au point mort, selon un rapport de l'Organisation mondiale de la santé publié lundi.

Le rapport de l'OMS estime que 50 % de la population en Afrique à risque dort sous moustiquaires imprégnées d'insecticide (MII) contre 29% en 2010. "Nous lançons donc aujourd'hui un plan contre le paludisme, pour mener une riposte globale, centré sur les pays et dirigé par eux, et rendre notre action plus efficace là où elle compte le plus, au niveau local".

Catalysé par l'OMS et le Partenariat RBM pour mettre fin au paludisme, le plan "D'une charge élevée à un fort impact" repose sur le principe que personne ne devrait mourir d'une maladie qu'on peut facilement prévenir, diagnostiquer et dont on peut guérir avec les traitements disponibles. "Nous ne sommes pas sur la bonne voie pour atteindre deux objectifs, [à savoir] réduire de 40% l'incidence du paludisme et la mortalité associée (par rapport aux niveaux de 2015)", a jugé le directeur-général de l'OMS, Tedros Adhanom Ghebreyesus. Trois autres pays, l'Algérie, l'Argentine et l'Ouzbékistan, ont demandé à l'OMS la certification officielle.

Au niveau mondial l'OMS recense dans son rapport une légère augmentation du nombre de cas de paludisme en 2017 avec 219 millions de personnes touchées contre 217 millions en 2016.

"Quand les pays donnent la priorité à l'action contre le paludisme, ils obtiennent des résultats en termes de vies sauvées et de baisse du nombre des cas", indique la Dre Matshidiso Moeti, Directrice régionale de l'OMS pour l'Afrique. En outre, les dix pays du continent les plus durement touchés par la maladie auraient enregistré 3,5 millions de cas supplémentaires par rapport à 2016. Plus d'un quart de ces fonds provenait des pays touchés eux-mêmes, même si les États-Unis restent le plus gros contributeur avec 1,2 milliard de dollars investis (1 milliard d'euros).

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