Un candidat russe qui dérange — Interpol

Kim Jong-yang fournie par l'agence sud-coréenne Yonhap le 21 novembre 2018/YONHAP  AFP

Kim Jong-yang fournie par l'agence sud-coréenne Yonhap le 21 novembre 2018 YONHAP AFP

Interpol a du reste connu de nombreux présidents controversés dans son histoire quasi-centenaire et l'élection de M. Meng en 2016 avait déjà provoqué les craintes de dissidents de voir Pékin utiliser Interpol pour traquer les opposants chinois réfugiés à l'étranger.

La police mondiale est privée de chef depuis la " démission " subite de son ancien patron Meng Hongwei, accusé de corruption en Chine et qui a mystérieusement disparu début octobre.

Le Sud-Coréen Kim Jong-yang, dont la candidature était "fermement" soutenue par les Etats-Unis face à Alexandre Prokoptchouk, sera le nouveau président d'Interpol pour un mandat de deux ans.

Réunis depuis dimanche à Dubaï, les délégués d'Interpol ont élu le Sud-Coréen lors d'une assemblée générale après que la candidature du général de police russe, Alexandre Prokoptchouk, eut suscité une levée de boucliers dans plusieurs pays et des menaces de l'Ukraine et de la Lituanie de quitter l'organisation mondiale de police.

Lundi, quatre sénateurs américains ont publié un communiqué demandant au président Donald Trump de s'opposer à la candidature de Prokoptchouk.

Le Britannique affirme que la Russie a tenté " à six reprises d'abuser Interpol " pour le faire arrêter, alors même qu'il se bat pour que des sanctions soient prises contre les responsables de la mort dans une prison russe en 2009 de son ex-employé, le juriste Sergueï Magnitski.

Depuis quelques heures, la polémique enflait autour de la candidature du russe Alexander Prokopchuk.

Les présidents d'Interpol  AFP
Les présidents d'Interpol AFP

La Russie va " étendre ses tentacules criminelles à chaque coin de la planète " si Alexandre Prokoptchouk est élu président, a-t-il dénoncé sur Twitter.

"Nous encourageons toutes les nations et organisations faisant partie d'Interpol et respectant l'Etat de droit à choisir un chef intègre".

" Je crains sérieusement que si M. Prokoptchouk est élu président d'Interpol, alors, sur ordre du Kremlin, il sera prêt à faire absolument n'importe quoi", a déclaré M. Khodorkovski.

"Notre équipe a souffert d'abus d'Interpol à cause de persécutions politiques par la Russie". Celui-ci est jusqu'à l'année prochaine l'Allemand Jürgen Stock, qui rappelait début novembre que le poste de président était "essentiellement honorifique". Il a emporté le vote face au candidat russe Alexandre Prokoptchouk, a annoncé la plus importante organisation de police au monde sur Twitter.

Ce polyglotte a également été chargé de la coopération avec Europol, l'agence européenne de police criminelle, puis nommé au comité exécutif d'Interpol en 2014 avant d'en être élu vice-président en novembre 2016.

Avec son élection à la tête d'Interpol, M. Kim devra désormais terminer le mandat de quatre ans que M. Meng devait achever en 2020, mais le véritable patron de l'organisation est dans les faits son secrétaire général.

Pour autant, Andreï Soldatov, le rédacteur en chef du site internet Agentura.ru, spécialisé dans les affaires de renseignement, se dit persuadé que "l'usage des notices rouges" (qui relaient les mandats d'arrêt des pays membres) pour des poursuites de nature politique "augmentera" en cas d'élection de M. Prokoptchouk.

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