Des produits de la tour numéro 2 contaminés — Lactalis

L'usine de Craon appartenant au groupe Lactalis le 17 janvier 2018

L'usine de Craon appartenant au groupe Lactalis le 17 janvier 2018

Toutefois, le géant de l'agroalimentaire conteste ces affirmations. La Direction générale de la santé (DGS) a reconnu, vendredi 30 novembre, qu'une "erreur d'interprétation" avait laissé croire à la présence de produits contaminés dans la tour de séchage n°2 de l'usine Lactalis de Craon (Mayenne). Un argument qui avait d'ailleurs en partie justifié la reprise de la commercialisation des produits. "Nous confirmons qu'en aucun cas il n'y a eu, avant l'arrêt de la tour n°2 début décembre 2017, de résultat positif de salmonelle dans les produits issus de cette tour n°2, ce qui peut être vérifié notamment auprès de la DDCSPP (Direction départementale de la Cohésion Sociale et de la protection des populations)", a insisté le groupe laitier. L'usine a été fermée mais Lactalis qui a toujours assuré que le phénomène de contamination était limité à la tour n° 1, a repris, en juillet, la production de la tour n° 2. Selon ces documents, le groupe Lactalis aurait procédé au rappel de l'ensemble des produits fabriqués sur le site de Craon après avoir découvert des traces de salmonelle dans du lait fabriqué dans la tour n°2, après des autocontrôles réalisés en novembre, soit juste avant le déclenchement de la crise. "La réécriture des faits et cette remise en cause permanente de propos précédemment tenus et de documents communiqués aux familles doivent être stoppées", a réagi de son côté l'Association des familles victimes du lait contaminé aux salmonelles (AFVLCS) dans un communiqué.

En décembre 2017, après un scandale lié à la contamination à la salmonelle agona, Lactalis avait été contraint d'arrêter sa production à l'usine de Craon et de rappeler toute sa production de lait infantile.

Cette contamination aurait d'ailleurs conduit le groupe Lactalis à étendre son retrait-rappel à "l'ensemble des produits fabriqués sur le site de Craon depuis le 15 février 2017". "Lactalis a menti depuis le début, avec la complicité des autorités qui savaient depuis le mois de décembre".

Près d'un an après la révélation de la contamination des laits infantiles, les médias continuent de s'acharner sur Lactalis. "L'enquête judiciaire préliminaire est toujours en cours". L'ONG Foodwatch France a porté plainte au pénal contre X dans cette affaire. Pourtant, le 8 novembre dernier, il a déjà souligné avoir détecté quelques salmonelles avant la mise en boîte. Les excuses tardives du discret président du groupe, Emmanuel Besnier, en février puis celles des enseignes de la grande distribution n'ont pas apaisé les familles des victimes ni les services de l'État.

Dernières nouvelles