Climat : vers un échec de la COP24 ?

Janek SKARZYNSKI AFP"Nous devons agir d'urgence: les enjeux de la COP24

Les mots sont tranchés.

La 24 Conférence de l'Onu sur le climat (COP24) s'est ouverte à Katowice, en pleine région houillère, avec dans tous les esprits l'alerte rouge lancée récemment par les scientifiques du Giec (Groupe d'experts intergouvernemental sur l'évolution du climat).

"Antonio Guterres a rappelé que la " concentration en dioxyde de carbone n'avait jamais été si élevée en trois millions d'années " et que " les émissions continu [aient] à croître ".

Mais les observateurs ne se font pas trop d'illusions sur l'issue de la COP24 après le rejet pur et simple de l'Accord de Paris par le président des États-Unis, Donald Trump et la tiédeur affichée par de nombreux pays qui tirent d'importants revenus de leur production de charbon, de pétrole et autres énergies fossiles.

Les résultats attendus, selon la conférencière, sont, entre autres: la dynamique d'une plus grande participation de tous les acteurs concernés, Administration, parlementaires, Société civile, secteur privé, PTF, dans la mise en œuvre de la politique de changement climatique au Mali est instaurée; la communication des activités de la COP24 au bénéfice de la population malienne est assurée; le leadership et les capacités du Mali dans la mise en œuvre des actions climatiques sont maintenus et renforcés. Mais le faible nombre de dirigeants ayant prévu de se rendre en Pologne - une vingtaine sur plus de 190 pays représentés - n'est pas de bon augure. "La transition écologique doit être accompagnée de mesures sociales".

" Nous ne sommes plus du tout dans le contexte de 2015, déplore Pierre Cannet, responsable climat au WWF-France. Beaucoup de pays sont tentés par le repli, alors même que les solutions résident dans le dialogue et la solidarité ". Les opportunités économiques sont énormes. Pour cela, il a exhorté les États à engager la transition dans cinq secteurs clés, " l'énergie, les villes, l'usage des terres, l'eau et l'industrie ", grâce à plusieurs leviers, la taxe carbone, l'élimination des subventions aux fossiles ou encore l'investissement dans les technologies propres.

Il a aussi insisté sur l'importance des financements promis aux États les plus vulnérables - 100 milliards de dollars (environ 88 milliards d'euros) par an à partir de 2020. Par ailleurs, lundi 3 décembre, la Banque mondiale a annoncé la mobilisation de 200 milliards de dollars de financements de 2021 à 2025 pour aider les pays en développement, soit un " doublement " par rapport à la période précédente.

A ce titre, notons d'entrée que la France, qui s'est donné pour rôle de prendre la tête de cette transition essentielle, ne sera représentée ni par le président de la République, débordé par l'insurrection des gilets jaunes, ni par le Premier ministre, Edouard Philippe, retenu à Paris pour les mêmes raisons. Jusqu'alors confinés dans les sphères complotistes, sur les réseaux sociaux, et chez certains lobbys industriels, les climato-sceptiques arrivent au pouvoir, comme aux Etats-Unis ou au Brésil, et ne font plus du climat leur priorité.

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