Gilets jaunes. Macron convoque une réunion de crise à l’Élysée

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Rentré dimanche d'Argentine, le président Emmanuel Macron ne s'est pas exprimé après être venu constater les dégâts impressionnants à l'Arc de Triomphe et sur l'avenue Kléber. La fronde des "gilets jaunes" a également relancé le débat autour d'une possible négociation sur les salaires, ou une mise à contribution du patronat.

Matignon a par ailleurs confirmé l'annulation de la réunion avec des "gilets jaunes" prévue mardi après-midi, après avoir entendu la veille de nombreux responsables politiques lui demander un moratoire sur la hausse des taxes.

Parallèlement, le gouvernement qui souhaitait rencontrer des représentants des gilets jaunes, a annulé la rencontre.

Le moratoire "est un préalable, maintenant on attend la suite pour savoir ce qui va se passer", a indiqué sur BFMTV Laëtitia Dewalle, porte-parole des gilets jaunes dans le Val d'Oise.

De son côté, le chef de file des sénateurs Républicains Bruno Retailleau a jugé "absolument insuffisant" le moratoire tout en réclamant "une annulation" pure et simple.

Le chef du gouvernement doit présenter dans la journée les arbitrages de l'exécutif, décidés lundi soir à l'Élysée sous la présidence d'Emmanuel Macron.

"Mieux vaut tard que jamais" mais il faut aussi un coup de pouce au Smic, a réagi Ségolène Royal, ancienne ministre socialiste de l'Écologie. À l'exception d'Europe Écologie-Les Verts et de Génération Écologie, toutes les formations d'opposition avaient plaidé pour un "moratoire" dans la hausse prévue le 1er janvier des taxes sur le carburant, mot d'ordre initial du mouvement des "gilets jaunes" dont la dernière manifestation samedi a donné lieu à de nombreuses scènes de guérilla urbaine.

Auparavant, le Premier ministre avait reçu les chefs des formations politiques représentées au Parlement.

À droite, Laurent Wauquiez avait de nouveau plaidé pour un référendum, Marine Le Pen et la France insoumise évoqué une dissolution de l'Assemblée, et le PS brandi une proposition de loi de "sortie de crise" avec des mesures en faveur du pouvoir d'achat. Le ministre de l'Intérieur Christophe Castaner, auditionné lundi soir à l'Assemblée, a admis que le maintien de l'ordre devait s'adapter à des manifestants de plus en plus déterminés et mobiles, car "nous avons des doctrines qui ne sont plus adaptées à la réalité". Ainsi, les représentants du collectif "gilets jaunes libres", dont certains ont reçu des menaces de mort, ont indiqué qu'ils n'iraient pas à Matignon mardi, notamment pour "raisons de sécurité".

Parmi les membres historiques les plus connus des "gilets jaunes", Éric Drouet a appelé à l'intensification du mouvement de contestation lors de nouvelles manifestations samedi prochain.

"Plus le temps passe, plus le prix politique sera élevé" pour l'exécutif, observe Bruno Cautrès, chercheur du CEVIPOF (Centre de recherches politiques de Sciences Po).

Sous pression depuis les violences inédites de samedi à Paris, l'exécutif s'apprête à faire volte-face sur la fiscalité des carburants en annonçant une suspension des hausses programmées, première revendication du mouvement des "Gilets jaunes", a-t-on appris mardi de source gouvernementale.

Enfin, selon Bercy, les deux premières semaines d'actions des "gilets jaunes" ont déjà un impact "sévère et continu" sur l'économie. Ils font partie des 139 suspects majeurs qui ont déjà été déférés au parquet de Paris, après les violences et les dégradations de samedi. Les violences du weekend à Paris ont donné lieu au chiffre record de 363 gardes-à-vue, dont 32 pour des mineurs, selon un nouveau bilan du parquet de Paris.

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