L'extrême droite entre en force au parlement régional d'Andalousie

L'extrême droite entre en force au parlement régional d'Andalousie

Espagne : l'extrême droite entre au Parlement régional d'Andalousie, une première depuis Franco

Un parti d'extrême droite entre dans un parlement régional pour la première fois depuis le rétablissement de la démocratie en Espagne après la mort du dictateur Franco.

Au-delà des arguments populistes notamment sur l'immigration, le vote en faveur de Vox, qui prône l'interdiction des partis indépendantistes catalans, a prospéré sur la question de la tentative de sécession de la Catalogne l'an dernier.

Le petit parti d'extrême droite, a donc fait dimanche une entrée en force au parlement d'Andalousie, remportant 12 sièges aux élections régionales et donnant la majorité aux partis de droite dans cette région du sud de l'Espagne gouvernée depuis 36 ans par le Parti socialiste, après dépouillement de 93 % des bulletins de vote.

Premier test électoral depuis l'arrivée du socialiste Pedro Sanchez à la tête du gouvernement espagnol en juin, ces élections anticipées dans la région la plus peuplée d'Espagne et fief du parti socialiste, ont provoqué dimanche un "tremblement de terre" qui "change le panorama politique national", juge El Pais, le plus grand quotidien généraliste du pays.

Il tombe de 47 à 33 sièges (sur 109). Le parti d'extrême droite a dépassé les prévisions des sondages qui le créditaient au mieux de cinq sièges. Vox, né en 2013, est opposé à l'immigration illégale et à l'indépendantisme catalan. Aucun parti n'a exclu cette alliance sans précédent. Il demande également l'abolition de la loi contre la violence machiste, estimant qu'elle va trop loin dans le " politiquement correct ".

Dans le détail, à droite, les conservateurs du Parti populaire ont remporté 26 sièges.

Avant même la publication des premiers résultats, Marine Le Pen, la présidente du Rassemblement national (ex-FN), avait adressé dans un tweet "ses vives et chaleureuses félicitations" à ses "amis de Vox". Soit sept de moins qu'aux précédentes régionales en 2015, malgré tous les efforts de son nouveau chef, Pablo Casado, qui a succédé à l'ancien Premier ministre Mariano Rajoy cet été.

La débâcle du PSOE en Andalousie est un camouflet pour Pedro Sanchez qui gouverne l'Espagne depuis six mois avec une minorité de 84 sièges sur 350 à la chambre des députés.

En revanche le Parti libéral Ciudadanos (centre droit) bondit de neuf à 21 sièges mais sans parvenir à dépasser le PP. "Le changement l'a emporté aux élections andalouses, s'est écrié le chef de Ciudadanos, Albert Rivera". "Maintenant il s'agit d'empêcher que le gouvernement d'Andalousie ne soit à la merci d'un parti extrémiste, sexiste, homophobe et raciste", a-t-elle ajouté en soulignant qu'elle allait mener des négociations avec des groupes politiques.

Les alliés naturels du PSOE - Adelante Andalucia (En avant Andalousie), variante locale de Podemos (gauche radicale) - ne remportent que 17 sièges.

Quant à la possibilité d'un scénario où Sanchez, le président du gouvernement, convoquerait rapidement des élections anticipées pour tenter de remobiliser les électeurs de gauche, il le ferait avec "la peur de l'extrême droite ", estime de son côté estime Pablo Simon, de l'université madrilène Carlos III.

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