Première naissance d'un bébé à partir de l'utérus d'une donneuse décédée

Un enfant né au Brésil après une greffe d’utérus provenant d’une donneuse décédée, une première mondiale - LCI

Santé. Première naissance au monde grâce à une greffe d'utérus provenant d'une donneuse décédée

Il y a un an, le 15 décembre 2017, au Brésil, naissait le premier bébé au monde conçu grâce à un utérus prélevé sur une donneuse décédée. C'est ce que rapporte une étude publiée mercredi 5 decembre dans la revue The Lancet. La petite fille se porte bien: à 7 mois, elle pesait 7,2 kg et était toujours allaitée par sa maman, également en bonne santé, précise l'étude de l'Hôpital universitaire de São Paulo qui a conduit la greffe en 2016.

C'est la première fois qu'une transplantation d'utérus à partir d'une donneuse morte aboutit à une naissance.

La première naissance consécutive à une transplantation utérine a eu lieu en Suède en 2013.

"La seule grossesse survenue après une greffe d'utérus prélevé post-mortem date de 2011 en Turquie" et s'était soldée par une fausse couche, observe le Dr Srdjan Saso, du département obstétrique de l'Imperial College de Londres. L'utérus greffé provenait d'une femme de 45 ans décédée d'un AVC et donneuse de plusieurs organes. Elle avait donné naissance à trois enfants. Cette opération aura duré au total 10h30 et a été suivie d'un traitement immunosuppresseur pour éviter le rejet du greffon.

Pour une femme transplantée de l'utérus, l'unique moyen de tomber enceinte est par fécondation in vitro puisque les ovaires ne sont pas rattachés à l'utérus.

Jusque-là, dans le monde, les équipes médicales attendaient un an. Le bébé est né par césarienne le 15 décembre 2017, à 6 mois et demi de grossesse.

Le bébé pesait 2,550 kilos à la naissance et était en parfaite santé. L'utérus a été retiré lors de la même intervention, et le traitement antirejet, très lourd, a pu être suspendu. "Nos résultats apportent la preuve que cela peut fonctionner, pour offrir une nouvelle option aux femmes frappées par une infertilité d'origine utérine". Surtout, cette innovation évite les risques pour les donneuses vivantes et va permettre de s'appuyer sur un réservoir de donneuses potentielles plus grand. Pour elles, cette opération offre un merveilleux espoir, et une alternative aux mères porteuses.

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