Une polémique retarde le début des débats sur le Brexit

La Première ministre britannique Theresa May à sa sortie du 10 Downing Street à Londres le 5 décembre 2018. AFP  Ben STANSALL

La Première ministre britannique Theresa May à sa sortie du 10 Downing Street à Londres le 5 décembre 2018. AFP Ben STANSALL

Ce contretemps intervient dans une atmosphère déjà électrique, le traité de retrait de l'UE suscitant l'hostilité de députés de tous bords.

Lundi, l'Attorney General (ministre chargé de conseiller juridiquement le gouvernement), Geoffrey Cox, avait publié un résumé de cet avis juridique.

"Le peuple britannique veut que nous allions de l'avant avec un accord qui respecte le résultat du référendum et nous permette de rassembler le pays, quelle que soit la manière dont nous avons voté",doit plaider Theresa May mardi soir, selon des extraits de son discours publiés à l'avance.

La ministre chargée des Relations avec le Parlement, Andrea Leadsom, a défendu le 4 décembre 2018 la position du gouvernement de ne pas publier la totalité de l'avis juridique britannique sur l'accord de divorce, comme l'avaient demandé les députés le mois dernier.

Le front commun s'opposant à l'accord de Theresa May regroupe l'opposition travailliste, les europhiles du Parti libéral-démocrate, les députés écossais indépendantistes mais aussi le petit parti unioniste DUP, son allié, et de nombreux députés conservateurs.

Le Labour compte déclencher une motion de défiance si Theresa May échoue à faire adopter le texte.

Pour autant, la Première ministre britannique continue de défendre l'accord et affirme qu'en cas d'échec au Parlement, un départ de l'UE sans accord pourrait survenir, avec de lourdes conséquences pour l'économie britannique. Mais certains pourraient se rallier à Theresa May et voter en faveur de son plan: tout d'abord pour éviter un divorce sans accord, le fameux " no deal " tant redouté par les milieux économiques.

Le référendum de juin 2016, remporté à 52% par le camp du "Leave", avait laissé le pays profondément divisé. Elle a aussi averti qu'il pourrait bien ne pas y avoir de Brexit du tout. Et après des mois de discussions, le texte conclu avec l'UE laisse les deux camps frustrés.

Le texte déçoit tant les plus fervents "Brexiters", qui craignent un amarrage permanent du Royaume-Uni à l'UE, que les europhiles espérant encore pouvoir faire marche arrière. Une éventualité devancée mardi par l'avocat général de la Cour européenne de justice, qui demandé à l'institution d'inscrire dans l'article 50 de la Constitution la possibilité d'une " révocation unilatérale de la notification de l'intention de se retirer de l'Union ".

"C'est une énorme victoire", s'est réjoui sur Twitter Alyn Smith, député du parti indépendantiste écossais SNP. L'illustration, sans surprise, de la fragilité du gouvernement de Theresa May, à sept jours de l'échéance parlementaire, dont cinq de débats qui s'annoncent tendus.

Le traité de retrait comprend notamment la facture du divorce dont devra s'acquitter le Royaume-Uni, évaluée entre 40 et 45 milliards d'euros, garantit les droits des Européens vivant au Royaume-Uni et des Britanniques dans l'UE et définit une période de transition qui débutera après le Brexit, prévu le 29 mars 2019, pour durer jusqu'en décembre 2020. Le DUP a d'ailleurs voté contre le gouvernement mardi, a reconnu le député Nigel Dodds. "C'est un moment important dans notre histoire", a-t-elle dit à ITV.

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