Affaire Khashoggi: la Turquie demande l'arrestation de deux proches du prince saoudien

Le prince héritier saoudien Mohammed ben Salmane, le 2 décembre 2018 à Alger

Le prince héritier saoudien Mohammed ben Salmane, le 2 décembre 2018 à Alger

A en croire The Washington Post, la CIA avait précédemment désigné Mohammed Ben Salmane comme le commanditaire de ce meurtre, affirmant détenir, selon le journal turc Hürriyet, un enregistrement sonore dans lequel l'homme fort d'Arabie saoudite ordonnait de "faire taire" le journaliste saoudien.

D'après l'agence de presse étatique Anadolu, la justice turque a émis des mandats d'arrêt visant Ahmed al-Assiri et Saoud al-Qahtani, accédant à la requête du procureur général d'Istanbul, qui les soupçonne "fortement" de "faire partie des planificateurs" du meurtre.

Jamal Khashoggi a été tué par strangulation après son entrée au consulat saoudien à Istanbul le 2 octobre, où il s'était rendu pour obtenir des documents pour se marier, puis son corps a été démembré et détruit, d'après le procureur d'Istanbul. Enfin, d'autres travaillent à une résolution condamnant directement le prince héritier saoudien pour le meurtre.

Le parquet d'Istanbul a demandé l'arrestation de l'ancien conseiller du prince héritier Mohammed Ben Salmane, Saud al-Kahtani et du chef-adjoint du service de renseignement saoudien, Ahmad Asiri, concernant l'enquête sur l'assassinat de Khashoggi. "Je pense qu'il est complice du meurtre de Jamal Khashoggi au plus haut niveau possible", a ajouté Lindsey Graham, allié de Donald Trump au Sénat.

MBS "est fou, il est dangereux, et il a mis cette relation (avec les Etats-Unis) en danger" car il n'est pas "fiable", a lâché Lindsey Graham, poids lourd du Sénat et proche du président américain.

M. Graham "est un sénateur et il a droit à ses opinions", a également répondu M. Mattis.

Malgré ces lourds soupçons, l'administration de Donald Trump a décidé de réaffirmer l'alliance "inébranlable " entre Washington et Ryad, estimant en public qu'aucune preuve irréfutable ne liait à ce stade le prince héritier à l'ordre de tuer Jamal Khashoggi.

Trois initiatives sont en considération, notamment une résolution pour cesser tout soutien militaire à l'Arabie saoudite dans la guerre au Yémen, qui avait franchi avec une nette majorité, le 28 novembre, un premier vote au Sénat.

Le procureur saoudien a exigé " la peine de mort " contre cinq des suspects impliqués dans le meurtre de Jamal Khashoggi. Selon un rapport classé produit par la CIA, Mohammed Ben Salmane a envoyé au moins onze sms à la personne en charge de l'escadron de 15 personnes qui a assassiné le journaliste Jamal Khashoggi.

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