MSF et SOS Méditerranée affirment "mettre un terme" aux activités de l'Aquarius

Migrants: l'Aquarius définitivement à quai

MAUD VEITH SOS MEDITERRANEE AFP

"C'est un jour sombre", a pour sa part déploré dans un communiqué distinct Nelke Mander, directrice générale de Médecins sans frontières, pour qui "la fin de nos opérations à bord de l'Aquarius signifie davantage de morts en mer".

Fin novembre, la justice italienne avait enfoncé le clou en demandant le placement sous séquestre du navire accusé d'avoir permis de faire passer au total de 24 tonnes de déchets potentiellement toxiques (seringues, pansements, vêtements, etc.) pour des déchets classiques. Mais SOS Méditerranée, qui vient en aide aux migrants à la dérive sur des embarcations de fortune, veut croire que cette décision de stopper les activités de son emblématique navire humanitaire, permettra au contraire de reprendre de plus belle les opérations de sauvetage.

Déplorant les " attaques " répétées, les ONG étudient des options pour trouver un nouveau navire. La semaine dernière Berne lui avait refusé le pavillon suisse malgré une pétition citoyenne. "Nous refusons de rester les bras croisés sur le rivage alors que des gens continuent de mourir en mer", assure Frédéric Penard. Des accusations "disproportionnées et infondées" pour SOS Méditerranée qui a déploré "dix-huit mois de criminalisation, de décrédibilisation et de diffamation contre les ONG de recherche et de sauvetage" ayant pour résultat d'"encore davantage fragiliser les capacités de sauvetage en mer".

Face aux "attaques incessantes dont le navire et ses équipes ont fait l'objet", les deux ONG ont annoncé jeudi l'arrêt des opérations de leur bateau humanitaire, qui a porté assistance à près de 30.000 personnes depuis 2016.

Des opérations de sauvetage en mer survenues après cette décision ont donné lieu cet été des psychodrames à répétition, forçant des Etats européens (Allemagne, Grèce, Espagne, France, Malte.) à négocier des jours durant et à improviser pour se répartir une poignée de réfugiés, et à réfléchir à un mécanisme de gestion et d'accueil plus pérenne. "La fin des activités pro-migrants de l'Aquarius, complice des mafias de passeurs est une excellente nouvelle", a réagi sur Twitter la présidente du Rassemblement national (RN), Marine Le Pen, en se réjouissant de ce qu'elle estime être "la fin d'une imposture pseudo-humanitaire, et véritablement immigrationniste".

Vous avez décidé de mettre fin à l'affrètement du navire l'Aquarius, privé de pavillon depuis début octobre. Mais SOS Méditerranée, ONG basée à Marseille, ne renonce pas.

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