Buzyn : Macron va "tester" ses annonces auprès de corps intermédiaires "indispensables"

Dans son allocution Emmanuel Macron a dit avoir conscience qu'il lui était

Buzyn : Macron va "tester" ses annonces auprès de corps intermédiaires "indispensables"

Le discours est très attendu par les Gilets jaunes, qui ont fustigé le "silence" du président, dont ils réclament chaque jour la "démission" sur les ronds-points qu'ils occupent.

Emmanuel Macron n'a donné " aucun élément " sur le contenu de son allocution télévisée, a indiqué à la sortie de la réunion Laurent Berger, numéro un de la CFDT, syndicat réputé modéré.

- Le Premier ministre Edouard Philippe présentera ces mesures à l'Assemblée mercredi.

L'issue de cette crise reste incertaine tant la fracture sociale semble profonde entre, d'une part, cette France qui a le sentiment de glisser vers la pauvreté et de ne pas être écoutée des élites et, d'autre part, le gouvernement d'Emmanuel Macron, régulièrement accusé d'être le " président des riches ". Évoquant "40 années de malaise qui ressurgissent", il a affirmé avoir conscience qu'il lui était "arrivé de blesser" certains par ses propos.

Emmanuel Macron a annoncé plusieurs gestes forts lundi soir en réponse au mouvement des "gilets jaunes", assurant entendre une colère "juste à bien des égards" et faisant un mea culpa sur ses propos polémiques qui ont pu "blesser".

L'urgence de l'exécutif est désormais de tenter d'éviter un "acte V" de la contestation alors que des appels à manifester sont déjà lancés sur les réseaux sociaux pour le 15 décembre. L'acte IV a rassemblé samedi quelque 136 000 manifestants et s'est soldé par un nombre record d'interpellations, plus de 320 blessés et encore des dégâts dans de nombreuses villes, particulièrement à Paris, Bordeaux et Toulouse. Emmanuel Macron a reçu durant plus de quatre heures ce matin à l'Elysée les différents corps intermédiaires.

Le chef de l'Etat avait condamné au début de son intervention les "violences inadmissibles" qui ont émaillé le mouvement des "gilets jaunes", assurant que "ces violences ne bénéficieront d'aucune indulgence".

Les inquiétudes montent aussi dans le pays sur l'impact économique des troubles liés aux manifestations qui feront perdre 0,1 point de croissance à la France sur le dernier trimestre de cette année, a avancé lundi le ministre des Finances, Bruno Le Maire.

Dans le monde politique, les premières réactions étaient un peu moins négatives à droite qu'à gauche ou à l'extrême droite. Seule certitude: "Les mesures annoncées devront être mises en place très rapidement", estime Karim Yahiaoui, journaliste pour France 24. "Emmanuel Macron n'est jamais aussi bon que lorsqu'il fait de l'anti-Macron, c'est-à-dire exactement l'inverse de ce qu'il a porté sur ces 18 derniers mois", a-t-il estimé sur BFMTV. La présidente PS de la région Occitanie, Carole Delga, a cependant salué le changement de ton d'Emmanuel Macron et s'est déclaré "prête à travailler avec l'Etat" pour "en finir avec la verticalité" du pouvoir.

Il doit s'exprimer en début de semaine, et pourrait annoncer des mesures sociales. "Nous sommes à un moment historique de notre pays". Il appelle à un rassemblement à l'Elysée pour "un pot de départ de Macron".

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