La Chine s'intéresse à la face cachée de la Lune

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La Chine envoie son robot sur la face cachée de la Lune - L'Usine Aéro

Chang'e 4 devrait donc nous offrir bientôt un panorama du paysage de la face cachée de la Lune, et offrir aux chercheurs des informations sur la formation et l'évolution du singulier satellite de la Terre.

"L'atterrissage en douceur et l'exploration de la face cachée, ce qui n'a jamais été fait auparavant, permettront d'obtenir des informations de première main sur le terrain et les composantes du sol lunaire, ainsi que d'autres données scientifiques, qui contribueront à enrichir notre compréhension de la lune et de l'univers", a déclaré Zhang He, directeur exécutif du projet de sonde Chang'e-4, à l'agence de presse Xinhua. Trois expériences scientifiques et technologiques, conçues par des universités chinoises, seront également effectuées au cours de la mission. Une première qui s'inscrit dans un ambitieux programme chinois: recenser les ressources afin d'établir une base lunaire permanente à horizon 2030. En 1968, des hommes avaient pu apercevoir directement cette partie de la Lune lors de la mission Apollo 8. L'atterrisseur et le rover de Chang'e 3 s'étaient posés sans encombre, en 2013, sur la face visible de la Lune, non loin de Mare Imbrium.

Selon les scientifiques, cette partie de la Lune, selon des photos réalisées en 1959 par les Soviétiques, se présente par de nombreuses zones montagneuses et accidentées.

Après le succès de cette mission, deux satellites, Chang'e 5T1 et Queqiao, ont été lancés en 2014 et 2018. Un des défis majeurs est de parvenir à communiquer avec le robot lunaire car de ce côté, il n'y a pas de " ligne de mire " directe pour transmettre les signaux, sauf à installer un relais. En mai dernier, l'Administration spatiale nationale chinoise a envoyé dans l'espace un satellite, Queqia, qui, gravitant à 60 000 km au-dessus de la surface lunaire, fera office de relais grâce à son antenne incurvée.

Pékin prévoit déjà de lancer l'an prochain un Chang'e-5 pour recueillir des échantillons et les ramener sur Terre.

Pour la Chine, qui prépare cette opération depuis des années, c'est un pas de géant en terme d'exploration spatiale. "C'est une des premières fois que les Chinois entreprennent quelque chose que personne d'autre n'a encore fait", explique Jonathan McDowell, astronome au Centre Harvard-Smithsonian pour l'astrophysique.

Rappelons que notre satellite naturel, la Lune tourne bien sur elle même, mais à un rythme calqué sur celui de la Terre et avec un sens de révolution identique. Elle succédera à la Station spatiale internationale (ISS) associant les États-Unis, Russie, Europe, Japon et Canada dont la retraite est programmée pour 2024.

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