Gilets jaunes : deux cortèges déclarés à Paris… mais sans gilet jaune

Près de 1.500 manifestants se sont mobilisés dans le centre ville de Perpignan

Près de 1.500 manifestants se sont mobilisés dans le centre ville de Perpignan. Nicolas Parent

Levant les yeux vers les bureaux de l'agence, plusieurs d'entre eux ont poussé des "ouh" de désapprobation, d'autres ont fait des doigts d'honneur ou dressé le poing, tandis que fusaient des insultes à l'encontre des journalistes. À Paris, une manifestation, de la place de l'Hôtel de Ville jusqu'à l'Assemblée nationale, a été, pour la première fois, déclarée à la préfecture de police par le collectif " La France en colère ", constitué autour de deux figures du mouvement, Éric Drouet et Priscillia Ludosky.

Dans la capitale, entre 1.200 et 1.500 personnes selon des estimations de l'AFP, avaient entamé en fin de matinée une marche dans une ambiance bon enfant depuis les Champs-Elysées, haut lieu de contestation lors des précédents week-ends, vers l'Hôtel de Ville. Un premier groupe de Gilets jaunes s'était donné rendez-vous à la gare peu avant 10 heures. Sur Facebook, plus de 500 personnes affirment vouloir participer, 4 100 se disent intéressées. "Force doit rester à la loi", a assuré, vendredi, le porte-parole du gouvernement, fustigeant les gilets jaunes qui poursuivent leurs actions malgré les annonces présidentielles.

Ailleurs en France, les rassemblements se déroulaient aussi dans le calme. Quelque 600 manifestants ont ensuite tenté d'entrée dans le centre-ville de Beauvais, où ils ont été stoppés par les gaz lacrymogènes des forces de l'ordre.

Quatre personnes ont été interpellées vendredi soir après une tentative de blocage par une cinquantaine de Gilets jaunes du siège de L'Est républicain, près de Nancy, où se trouve le centre d'impression du journal, a-t-on appris samedi auprès de la préfecture de Meurthe-et-Moselle et du journal.

Ce samedi matin environ 200 personnes sont à Perpignan réunies non loin du palais des congrès
Ce samedi matin environ 200 personnes sont à Perpignan réunies non loin du palais des congrès. Nicolas Parent

Selon les notes de la direction du renseignement de la préfecture de police (DRPP), les manifestations devraient rassembler " des casseurs aux profils " variés.

Cet acte VIII fait figure de test pour ce mouvement de contestation inédit qui fait vaciller l'exécutif depuis un mois et demi mais qui a donné des signes d'essoufflement dans la rue ces dernières semaines. Lors de l'acte VII du 29 décembre, 12 000 manifestants avaient été recensés à midi. Le ministère en avait dénombré 282 000 le 17 novembre pour l'acte fondateur de ce mouvement qui a d'abord ciblé la hausse du prix des carburants avant de porter des revendications plus larges sur la fiscalité.

Au programme, ils liront une "lettre ouverte citoyenne " pour répondre aux vœux d'Emmanuel Macron le 31 décembre. Mais il n'est pas parvenu à éteindre la fronde. Les Gilets jaunes ont également prévu de crier leur mécontentement sur l'esplanade de France Télévisions.

Très critiques, voire hostiles, envers les médias, les gilets jaunes entendent désormais les utiliser dans une guerre d'image face au gouvernement. Le mouvement, " pour ceux qui restent encore mobilisés, est devenu le fait d'agitateurs qui veulent l'insurrection et, au fond, renverser le gouvernement ", a déclaré Benjamin Griveaux.

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