La taxe d'habitation pourrait finalement être maintenue pour les plus riches

Le ministre de l'Economie et des Finances Bruno Le Maire le 26 novembre à Paris

Le ministre de l'Economie et des Finances Bruno Le Maire le 26 novembre à Paris

L'objectif? Répondre aux attentes formulées par le mouvement des "gilets jaunes ". "Si nous répondons non à chacune des demandes des Français, si nous ne sommes pas capables d'écouter la demande de justice qui s'exprime partout en France, nous ne réussirons pas le débat", a ainsi justifié Bruno Le Maire, à l'approche de la consultation nationale lancée par l'exécutif en réponse aux "gilets jaunes".

L'éventualité de revenir sur la suppression de la taxe d'habitation pour les 20 % de ménages les plus aisés pourrait être discutée lors du grand débat national, ont suggéré lundi plusieurs membres du gouvernement.

C'est certainement "LA" mesure phare du quinquennat en faveur du pouvoir d'achat: la suppression de la taxe d'habitation. Nous avons engagé la suppression de la taxe d'habitation, il est essentiel qu'elle soit aboutie (.), mais on peut très bien demander aux Français 'est-ce que vous estimez que, pour les 20% les plus riches, il est légitime ou non de supprimer la taxe d'habitation' (.).

La promesse de campagne d'Emmanuel Macron concernait les "80% des Français " les moins aisés, a souligné M. Griveaux, assurant que la suppression de la taxe d'habitation pour les ménages les plus riches n'"était pas dans le projet initial ". " On ne peut pas mettre sur le même plan la réforme de l'ISF avec la disparition de la taxe d'habitation ", met en garde un ministre, arguant que le seuil d'assujettissement à la taxe sera de 2.200 euros net pour un célibataire. " Qui sera touché par cette décision? "La question de savoir si nous irons sur ces 20% restants, oui, elle est sur la table", a-t-il ajouté.

Mais, cette suppression de la TH également pour les 20 % de Français les plus aisés n'arrangerait pas, finalement, les affaires du gouvernement. La raison? Le risque que cet engagement ne passe pas l'étape du Conseil constitutionnel, qui aurait pu retoquer la mesure portant sur 80% des ménages au nom de "l'égalité devant l'impôt". Depuis, les travaux parlementaires se sont enchaînés pour trouver une compensation pour les collectivités locales.

"C'est une question de droit qui a été soulevée par le Conseil constitutionnel et qui sera tranchée dans le cadre d'un débat au Parlement", a-t-il ajouté. Au micro de RTL, Gérald Darmanin s'est, lui aussi, montré plutôt favorable à ce que les Français ayant "de gros revenus et de grosses habitations" continuent de s'acquitter du versement de la taxe d'habitation.

Une situation qui explique les hésitations du gouvernement, confronté à de fortes contraintes budgétaires après son revirement sur la taxe carbone, tandis que le ralentissement de la croissance menace de faire déraper le déficit public. Sur sa page Facebook, l'ex-secrétaire d'État (PS) au Budget Christian Eckert estime ainsi que "cela a été mal préparé". "Si on ferme toutes les portes à toutes les réflexions qu'on peut avoir, alors on ferme le grand débat", a jugé le délégué général de La République en marche Stanislas Guerini sur CNews.

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