Demi KO debout [Critique — Creed II

Creed II, délire viril et machiste

Pourquoi « Rocky » n'est pas un film de boxe

Alors qu'il vient de demander à sa petite amie de l'épouser, Viktor, le fils d'Ivan Drago, le boxeur qui tua son père sur le ring, lui lance un défi pour lui prendre son titre. Si cela n'a jamais été vraiment annoncé tel quel, ce premier spin off de la saga Rocky ressemblait en fait plutôt une sorte de soft reboot pour déjà permettre aux spectateurs noirs de mieux s'identifier au héros. Mais Steven Caple J, qui succède à Coogler, et qui, comme ce dernier, s'est fait remarquer par un long métrage, The Land (2016), au festival de Sundance, assure, certes sans dépasser ou renouveler son prédécesseur, l'équilibre requis entre pleurs et sueur, intimisme et biscottos.

Rocky et son poulain se retrouvent dans " Creed II " en salle le 9 janvier, une suite que " 20 Minutes " a appréciée...

De manière beaucoup plus flagrante et décomplexée que le premier Creed, cet opus assume pleinement sa dimension virile et machiste, au point que ça en devienne risible. En en 2015, l'histoire est relancée avec Creed, une nouvelle saga qui fait de Rocky un personnage secondaire: le coach d'Adonis Creed. Creed II reproduit sans trop oser. Il est toutefois miné par un scénario qui manque d'originalité. Une suite qui marque également la fin de Rocky. Stallone joue avec brio sa partition de vieux Balboa revenu de tout (on le nommerait bien à l'Oscar pour la scène géniale où il engueule gentiment les services municipaux de Phidadelphie pour une histoire de réverbère cassé), mais Creed II n'offre pas l'opportunité à Dolph Lundgren de dire adieu à son rôle d'Ivan Drago, réduit à un très gros caméo (l'apparition de Brigitte Nielsen fera quand même plaisir aux fans). Adonis, qui va mal vivre leur affrontement, pourra compter sur Rocky Balboa afin de le remettre sur le droit chemin et enterrer le passé... Mais à comparer les deux films, ce nouvel épisode n'arrive pas à la cheville en terme d'intensité dramatique. De toute façon, la formule de ces opéras de la boxe est si étriquée depuis le début qu'il s'agit en fait d'un éternel retour, d'une litanie répétée maintes fois qui se soldera sans exception par la même épreuve d'endurance finale. L'intrigue de Creed II est cousue de fil blanc et recycle tout ce qu'on a pu voir dans tous les films de boxe de ces 40 dernières années.

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