Réfugiée à l'aéroport de Bangkok, une jeune Saoudienne obtient l'asile au Canada

La jeune saoudienne en transit sous protection de l'ONU

La fuite en Thaïlande d'une jeune Saoudienne suscite un élan de solidarité

Une jeune Saoudienne, que la Thaïlande a renoncé à expulser face à la mobilisation des réseaux sociaux, faisait l'objet de toutes les attentions mardi, du Haut commissariat aux réfugiés de l'ONU qui l'a placée sous sa protection à l'Australie qui envisage de l'accueillir.

Le Haut commissariat aux réfugiés de l'ONU estime qu'une jeune Saoudienne qui a fui en Thaïlande est bien une réfugiée et a demandé à l'Australie de lui octroyer l'asile, ont déclaré aujourd'hui des responsables australiens.

Craignant les représailles de sa famille qui l'avait enfermée et mise en isolation six mois durant pour s'être coupée les cheveux, refuser de porter le hijab et de prier, Rafah s'était enfermée dans une chambre d'hôtel en zone de transit à l'aéroport de la capitale thaïlandaise.

Le HCR a transmis le dossier de "Rahaf Mohammed Al-Qunun à l'Australie pour qu'elle examine l'opportunité de lui accorder l'asile en tant que réfugiée", a dit le ministère australien de l'Intérieur dans un communiqué. Un recours déposé par une avocate pour tenter d'empêcher le renvoi de la jeune Saoudienne dans son pays a été rejeté.

Les autorités migratoires thaïlandaises ont confirmé plus tôt dans la journée que Mme Al-Qunun, 18 ans, a pris l'avion vers Séoul, en Corée du Sud, à 23 h 15, heure locale (11 h 15 HE). Cette affaire prend en effet une dimension particulière après le récent meurtre au consulat saoudien d'Istanbul en Turquie du journaliste saoudien Jamal Khashoggi. En attendant, elle ne sera fixée sur son sort que dans cinq jours quand le HCR statuera sur son cas, a précisé lundi la police thaïlandaise.

La jeune fille, en voyage avec sa famille au Koweït, avait réussi à échapper à sa vigilance le 5 janvier. Mais "le vol est finalement parti sans elle car elle s'est barricadée dans une chambre d'hôtel de l'aéroport", a indiqué Phil Robertson, représentant de l'ONG Human Rights Watch (HRW) en Asie. Sur les réseaux sociaux et notamment sur Twitter, elle a fait part des craintes pour sa sécurité et dit tous le danger qu'elle encourrait si elle revenait au sein de sa famille.

Selon le principe international du non-refoulement, les demandeurs d'asile ne peuvent être renvoyés dans leur pays d'origine si leur vie est menacée.

Cette annonce vient clore un drame qui durait depuis une semaine et que la jeune femme de 18 ans avait elle-même publicisé en créant à la hâte un compte Twitter. "C'est une affaire de famille", a tenté mardi de minimiser le chef de la police de l'immigration thaïlandaise, Surachate Hakparn, après une réunion à l'ambassade d'Arabie Saoudite à ce sujet. De plus, elle a affirmé craindre d'être emprisonnée si elle retourne en Arabie saoudite: "Je suis sûre à 100% qu'ils me tueront dès ma sortie d'une prison saoudienne".

"Elle a aussi indiqué qu'elle voulait renoncer à l'islam".

Le cas de Mme Al-Qunun a jeté un nouvel éclairage sur la question des droits des femmes en Arabie saoudite.

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