Début du procès de Mehdi Nemmouche — Bruxelles

Des pièces à conviction présentées à l'ouverture du procès pour la tuerie du musée juif de Bruxelles le 10 janvier 2019 à BruxellesPlus

Des pièces à conviction présentées à l'ouverture du procès pour la tuerie du musée juif de Bruxelles le 10 janvier 2019 à BruxellesPlus

Durant les deux premières journées de procès qui viennent de s'écouler, outre la lecture de l'acte d'accusation, la cour a fait remplacer un juré effectif absent et a rendu un arrêt concernant la validité de la constitution de partie civile de l'Association Française des Victimes du Terrorisme (AFVT).

Selon l'accusation, Nemmouche est l'homme qui, le 24 mai 2014, a ouvert le feu dans le hall d'entrée du Musée juif, tuant un couple de touristes israéliens, une bénévole française et un jeune employé belge du site.

En 2008, les deux délinquants avaient fait connaissance à la prison de Salon-de-Provence (sud de la France), où ils étaient décrits comme radicalisés.

Il y a rencontré les frères Kouachi, auteurs de l'attentat du 7 janvier 2015 contre le journal satirique Charlie Hebdo (12 morts), et Amédy Coulibaly, meurtrier le lendemain d'une policière municipale et le surlendemain de quatre personnes dans un supermarché casher à Paris.

Jeudi matin, la présidente de la cour a constaté l'absence du 9e juré et l'a immédiatement remplacé par le premier juré suppléant. Face à ces débats, la cour a dû se retirer une bonne partie de la matinée pour délibérer sur cette question sensible.

L'acte d'accusation, long de 184 pages, retrace toute l'enquête, des premières constatations sur le lieu des faits à l'enquête de personnalité des accusés. Quant au conseil de Nacer Bendrer, Me Gilles Vanderbeck, il a annoncé qu'il ne déposerait pas d'acte de défense.

Découvrez notre dossier complet sur le procès de l'attentat du Musée juif de Belgique.

Nemmouche est également soupçonné d'avoir été l'un des geôliers de quatre journalistes français retenu comme otage en Syrie, il a été inculpé fin 2017 à Paris et un autre procès se profile pour lui en France.

Mehdi Nemmouche, lui, ne conteste pas être impliqué dans l'attentat mais il nie être le tireur.

La cour d'assises de Bruxelles a établi, le 20 décembre dernier, une liste de 120 témoins qui seront appelés à témoigner dès ce jeudi. Mais comme Mehdi Nemmouche, Nacer Bendrer nie en bloc.

Par ailleurs, la cour a décidé de ne pas citer à comparaître le directeur du Mossad (les services secrets israéliens) et l'ambassadeur d'Israël en Belgique, comme réclamé par les avocats de Mehdi Nemmouche. Il a précisé qu'un enquêteur avait pourtant voulu interroger un responsable du Mossad mais que cela lui avait été refusé. Quatre ans et demi plus tard, le continent tout entier aura les yeux tournés vers la capitale belge, à partir de jeudi: Mehdi Nemmouche, 33 ans, principal suspect du quadruple meurtre, y comparaît jusqu'à fin février, au côté d'un complice présumé.

Selon l'enquête, Mehdi Nemmouche est bien l'auteur de l'attaque au Musée juif.

Mehdi Nemmouche avait été arrêté le 30 mai 2014 à la gare routière de Marseille, en possession de plusieurs armes qui semblent être identiques à celles utilisées lors de l'attaque au Musée juif, de munitions et d'un drapeau de l'État Islamique.

Alors qu'il loue un appartement en avril à Molenbeek, commune bruxelloise réputée être un repaire de jihadistes, Nemmouche a des dizaines d'échanges téléphoniques avec Nacer Bendrer, son co-accusé, soupçonné de lui avoir fourni des armes depuis Marseille.

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