Trump menace de "dévaster" l'économie de la Turquie — Kurdes

Donald Trump à la frontière avec le Mexique début janvier

ASSOCIATED PRESS Donald Trump à la frontière avec le Mexique début janvier

"Nous créerons une zone de sécurité de 30 kilomètres...", a tweeté Donald Trump. Mais ce dimanche, c'est tout un pays qu'il a visé.

Le Président des États-Unis a menacé de "dévaster la Turquie économiquement si elle attaque les Kurdes", après le prochain retrait des troupes américaines de Syrie.

Le secrétaire d'Etat américain, Mike Pompeo, a promis que les Etats-Unis ne quitteront pas le Moyen-Orient, soulignant que son pays cherchait à constituer une force arabe capable de relever les défis de la région. Une visite destinée à rassurer ses alliés alors que la tension est montée entre les Etats-Unis et la Turquie au sujet du sort des Kurdes de Syrie, qui ont lutté aux côtés des Etats-Unis contre le groupe djihadiste.

Rappelons que la Turquie menace depuis plusieurs semaines de mener des attaques contre les Unités de protection du peuple (YPG), un groupe armé kurde considéré comme " terroriste " par Ankara mais appuyé par Washington dans sa lutte contre l'organisation Etat islamique (EI).

Ankara qualifie ces miliciens kurdes de "terroristes" en raison de leurs liens présumés avec le Parti des travailleurs du Kurdistan (PKK), qui livre une guérilla sur le territoire turc depuis 1984. La Turquie a malgré tout assuré ce lundi qu'elle continuerait de combattre les kurdes soutenus par Washington, affirmant qu'il n'y a "aucune différence" entre eux et Daesh.

La brutalité de l'avertissement américain a surpris et provoqué une réaction d'indignation des autorités turques qui ont invité lundi les États-Unis à honorer le partenariat stratégique qui les lie à la Turquie.

Mais Ankara avait par la suite réagi vivement à des déclarations de responsables américains selon lesquels les Etats-Unis envisageaient de conditionner le retrait des soldats américains à la sécurité des combattants kurdes. Commencer le retrait longtemps attendu de Syrie en frappant durement le petit califat territorial restant de Daesh, depuis plusieurs directions. Nous allons attaquer à nouveau depuis la base existante si elle se reforme.

"La Russie, l'Iran et la Syrie ont été les principaux bénéficiaires de la politique américaine à long terme de destruction de Daech* en Syrie, ses ennemis naturels". Nous en bénéficions aussi mais il est temps maintenant de faire rentrer nos troupes à la maison.

La guerre en Syrie a éclaté en 2011 après la répression par le régime de manifestations prodémocratie. Le conflit a fait plus de 360 000 morts.

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