Psychiatrie : une journée de mobilisation pour réclamer davantage de moyens

Un infirmier de l'hôpital psychiatrique

Psychiatrie: grève et manifestation pour «des soins plus humains»

Ce mardi, les praticiens seront dans la rue pour "alerter la population de la situation dramatique de la psychiatrie publique".

Ce mardi 22 janvier, le personnel des établissements psychiatriques a été appelé à cesser le travail et à manifester à Paris, à partir de 11 heures, à l'appel de plusieurs collectifs de patients et soignants, mais aussi de l'Union syndicale de la psychiatrie et de syndicats.

Cette journée de mobilisation s'inscrit dans la foulée de plusieurs mouvements de grève qui ont eu lieu, ces derniers mois, dans les hôpitaux psychiatriques d'Amiens, de Rouen et du Havre.

Objectif, "alerter la population de la situation dramatique de la psychiatrie publique".

Il y a un an, le 26 janvier 2018, Agnès Buzyn, la ministre de la Santé, déclarait: " La psychiatrie ne sera plus le parent pauvre de la médecine, j'en fais une priorité de santé. "La parole, qui devrait être le premier outil de soin à l'hôpital psychiatrique, se défait" relate le tract d'appel à manifester. Au terme d'une grève de sept mois à l'hôpital Philippe Pinel d'Amiens, ce collectif avait obtenu l'obtention de 30 postes supplémentaires.

"On veut suffisamment de personnels pour pouvoir écouter les patients et éviter des situations dramatiques où l'on se retrouve contraints de les enfermer, de les contentionner", déplore Oriane Cayard, infirmière au GHU Paris psychiatrie et neurosciences. "Maintenant on n'arrive plus à retenir leur nom de famille". Au cœur du problème, on trouve souvent un manque de budget avec des conséquences sur les traitements: un ratio trop faible de personnel, une logique "industrielle" qui pousse à faire sortir les patients le plus rapidement possible pour libérer des lits, et le recours au médicament plus souvent préféré à la médiation thérapeutique. "Les personnels ont l'impression d'être là pour donner des médicaments et faire du gardiennage " dénonce le professeur Antoine Pelissolo. Manque de formation et turn-over important des équipes font également partie des griefs, comme les délais d'attente importants pour des consultations ou le manque de places d'hébergement dans les centres médico-sociaux, qui contribuent à l'engorgement des services.

Dernières nouvelles