Les Outre-mer difficiles à convaincre — Grand débat

Macron reçoit la semaine prochaine les chefs de partis dans le cadre du grand débat

Outre-mer. Face aux multiples doléances, nouveau débat marathon de Macron [Vidéos]

Paris, 1 fév 2019 (AFP) - Emmanuel Macron se rendra lundi après-midi à Evry-Courcouronnes (Essonne), en banlieue parisienne, puis jeudi en Saône-et-Loire, pour rencontrer élus et habitants dans le cadre du grand débat, a indiqué vendredi l'Elysée.

Organisé dans la salle des fêtes rénovée de l'Elysée, ce débat reflétait une inquiétude locale plus accrue encore que lors des trois premiers auxquels a participé le chef de l'Etat, en raison de la pauvreté ou de l'isolement des territoires d'outre-mer.

" Nous n'avons pas fait 8000 km pour parler deux minutes ": venus des Antilles, de Réunion, Mayotte ou de Guyane, la centaine d'élus, tenaces, parfois sceptiques, n'ont plus lâché le micro pour mettre sur la table les mêmes problèmes que ceux soulevés par les " gilets jaunes ": pouvoir d'achat, accès aux services publics, éloignement des centres de décision...

"Baissez le coût de la vie (.) nous ne sommes pas moins que le territoire français de métropole", a dit Jean-Paul Virapoullé, maire à la Réunion, qui a souhaité que l'île devienne "la porte maritime de l'Europe dans l'Océan indien".

"Interrogée sur le fait qu'il y a peu de " gilets jaunes " dans les territoires d'Outre-mer, Victoire Jasmin l'explique par le fait que les gens sont résignés: " C'est dangereux parce que même si on n'a pas vu de " gilets jaunes", on sait très bien qu'il y a une grève dans l'Éducation nationale. Mais, a-t-il précisé, les territoires ultramarins n'ont pas "tous été touchés de la même façon par ce mécontentement".

Les gilets jaunes ont, en effet, peu mobilisé, même si plusieurs mouvements sociaux (aux Antilles en 2009, en Guyane en 2017 et à Mayotte en 2018) avaient déjà reflété l'exaspération de la population. Seule La Réunion a connu son mouvement de "gilets jaunes", qui ont bloqué l'île pendant quinze jours en décembre, pour dénoncer la vie chère et les inégalités sociales.

Des maires antillais ont réclamé le classement en catastrophe naturelle pour se faire indemniser par les assurances les dégâts causés par les sargasses, ces algues brunes aux émanations toxiques qui s'échouent sur les plages. "Plus on agite du gouvernemental et du En Marche dans le débat, plus on en révèle le caractère d'opération de communication", souligne Jérôme Sainte-Marie, président de l'institut PollingVox.

Y aura-t-il un temps d'échange avec les maires ruraux?

"Dites les choses de manière directe, et apportez votre part de vérité", a demandé Emmanuel Macron aux maires, rappelant que dans les territoires ultramarins il y avait déjà eu "beaucoup de débats" avec les assises des Outre-mer, une grande consultation de 8 mois qui a aboutit en juin 2018 au Livre bleu Outre-mer.

Dans cette "feuille de route", le gouvernement a pris des engagements pour ces territoires qui cumulent difficultés sociales et économiques.

"Ce n'est pas parce que c'est le phénomène est massif qu'on doit multiplier par dix l'argent", a répondu Emmanuel Macron à un maire qui chiffrait les besoins à 50 millions d'euros.

Mais certains maires soulignent que sur le terrain, les besoins sont toujours là, malgré ces assises et les nombreuses consultations précédentes: "Sous Sarkozy, nous avons eu les états généraux".

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