Référendum : Macron tâte le scrutin

Marine Le Pen qui avait rencontré Emmanuel Macron en novembre 2017 estime que faire un référendum le jour des européennes est

L'idée d'un référendum le jour des européennes ne fait pas l'unanimité, même chez En marche

Après les communes rurales, c'était au tour des maires de la banlieue parisienne de détailler lundi à Emmanuel Macron la longue liste des maux des banlieues, au cours d'un grand débat réunissant élus et associations à Evry-Courcouronnes (Essonne).

Retrouvant des accents de sa campagne électorale, il a balayé un grand nombre de sujets: droit de vote des étrangers, auquel il préfère l'accès à la citoyenneté, le Grand Paris ("on a mis un mille-feuille sur un mille-feuille"), l'engorgement des urgences à l'hôpital, le revenu universel d'activité, ou encore l'immigration.

Un futur "grand plan pour les petites associations".

En revanche il a esquissé un mea culpa sur la suppression des emplois aidés, en reconnaissant que cette mesure avait posé "un vrai problème pour beaucoup d'associations et de villes". Le gouvernement est en train de supprimer les trois quarts de ces contrats, qui sont passés de 320 000 en 2017 à 130 000 budgétés pour 2019. Il s'est ainsi dit prêt à envisager des "emplois francs associatifs", sur le modèle des emplois francs pour le secteur privé, un dispositif d'aide aux entreprises qui recrutent des résidents des quartiers défavorisés.

"Les associations de petite taille ont été les parents pauvres de la politique de la ville", a renchéri le secrétaire d'Etat Julien Denormandie, regrettant que les contraintes administratives soient aussi fortes pour les associations de grande ou petite taille, ce qui "favorise les professionnels de la recherche de financement". Malgré tout, Emmanuel Macron n'entend pas les laisser de côté et souhaite que "les quartiers se saisissent aussi du grand débat, pour en être des acteurs à part entière", a indiqué l'Élysée. "Donc il faut avoir beaucoup d'humilité dans ces moments-là", a-t-il ajouté. "Si on avait tout bien fait, sincèrement il n'y aurait pas eu cette crise".

Invitée du Grand Jury de RTL, la ministre des Affaires européennes, Nathalie Loiseau, assurait dimanche que rien n'était tranché: "Le président de la République n'exclut rien mais n'a pas pris sa décision".

Evry, capitale de l'Essonne, fusionnée depuis le 1er janvier avec Courcouronnes, accueille ce soir le chef de l'Etat.

Un comité d'accueil d'une trentaine de "gilets jaunes " et plusieurs dizaines d'habitants du quartier venus voir "Manu " l'attendaient également de pied ferme. Il a discuté longuement avec quelques habitants, dont un jeune homme qui lui a lancé: "Moi je passe le trottoir tous les jours, du travail j'en trouve pas".

"Macron Démission", "Emmanuel Macron on va te chercher chez toi", "Castaner en prison", chantaient certains, surveillés par de nombreux CRS qui sécurisaient les lieux, avec barrages et fouilles aux abords.

Depuis le début de la crise des "gilets jaunes", les banlieues se sont montrées moins concernées par le mouvement.

Le chef de l'État reprendra les routes de France jeudi où il ira en Saône-et-Loire à la rencontre des jeunes, peu impliqués dans la consultation jusque-là.

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