Alstom/Siemens : Bombardier "heureux" de la décision de la Commission européenne | Transports

MISE EN GARDE DU PATRONAT EUROPÉEN À L'UE SUR LA FUSION ALSTOM  SIEMENS

MISE EN GARDE DU PATRONAT EUROPÉEN À L'UE SUR LA FUSION ALSTOM SIEMENS

Ce matin, la secrétaire d'Etat en charge des dossiers industriels, Agnès Pannier-Runacher, a pointé du doigt une "très mauvaise décision d'un point de vue économique et politique": "c'est un camouflet pour l'Europe", a-t-elle martelé, expliquant que l'Union était "restée coincée au 20ème siècle" sans accepter que le marché était désormais "mondial".

Bruxelles a interdit, mercredi 6 février, la fusion entre le français Alstom et l'allemand Siemens, qui aurait créé un géant du secteur ferroviaire. "Je crois que les jeux sont faits", a affirmé le ministre sur la chaîne de télévision France 2, parlant d'une "erreur économique". Il réduirait le nombre d'industriels rivaux dans l'Union, ce qui risquerait de faire monter les prix des trains pour les compagnies ferroviaires, et celui des billets pour les consommateurs.

Allié à la République en Marche, le président de l'UDI, Jean-Christophe Lagarde, a regretté de son côté une décision "absurde": "la commission est tellement bornée qu'elle fait le jeu de la Chine", s'insurge la tête de liste UDI aux élections européennes, qui appelle à "en finir avec l'Europe de la naïveté qui nous laisse dépouiller par les grandes puissances continentales au lieu d'une Europe stratège qui nous protège du monde". Ce qui n'empêche pas Margrethe Vestager, autrefois encensée par le président français Emmanuel Macron pour son intransigeance vis-à-vis des Gafa, d'être devenue avec le dossier Alstom-Siemens la cible d'attaques plus ou moins directes de Paris et Berlin.

CRRC fabrique 200 trains à grande vitesse chaque année, et Siemens-Alstom 35, notait récemment le ministre français des Finances, Bruno Le Maire.

"Nous sommes convaincus que nous devons repenser et modifier les règles européennes de la concurrence", a déclaré Peter Altmaier, le ministre allemand de l'Économie en annonçant "la préparation d'une initiative germano-française" en la matière, sans en préciser à ce stade les contours. " a fait valoir le ministre".

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Et mardi toujours, le président de la fédération du patronat français (Medef), Geoffroy Roux de Bézieux, a lui aussi estimé " indispensable " la constitution de champions européens.

Les deux groupes, français et allemand, avaient tenté d'amadouer la Commission européenne en proposant de vendre certaines activités.

Alstom et Siemens Mobility repartiront "chacun de leur côté" en cas d'entrave à leur rapprochement, a indiqué le PDG d'Alstom, Henri Poupart-Lafarge, au quotidien français Le Figaro mercredi.

Siemens, de son côté, a laissé entendre qu'en cas de refus, il n'excluaitt pas une introduction en Bourse de sa rentable branche Mobility.

L'un des principaux concurrents occidentaux de Siemens et Alstom, le groupe canadien Bombardier, s'est pour sa part réjoui de la décision de la Commission, tout comme les syndicats d'Alstom opposés à la fusion depuis le début. Ils avaient réitéré lors d'une rencontre avec Margrethe Vestager à Paris le 21 janvier dernier leur opposition au projet, craignant d'importantes suppressions de postes.

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