Décès de Josette Audin, veuve du militant Maurice Audin, torturé en Algérie

Josette Audin, une vie en quête de la vérité sur l'assassinat de son mari

Histoire. Décès de la veuve de Maurice Audin

Pendant la guerre d'Algérie, le mari de Josette Audin, Maurice, jeune militant communiste - favorable à l'indépendance - avait été arrêté et torturé jusqu'à la mort par des militaires français en 1957.

Josette Audin s'en est allée.

À l'annonce de la disparition de Josette Audin, de nombreux responsables politiques ont salué sa mémoire. "Elle part apaisée d'avoir vu enfin ce crime d'État reconnu", a réagi le secrétaire national du Parti communiste français, Fabien Roussel.

" Une grande dame s'est éteinte".

Dès le mois de juillet 1957, un mois à peine après la disparition de son mari, Maurice Audin, enlevé par des parachutistes français en pleine bataille d'Alger, Josette Audin avait porté plainte.

"Son courage, sa persévérance, la force de ses convictions et de ses engagements ont marqué les esprits à jamais", a ajouté le président Bouteflika dans un message de condoléances, cité par l'agence APS. "Indignée ou confiante, meurtrie ou sereine, apaisée enfin: je garde en moi le souvenir vif de chacune de mes rencontres avec Josette Audin, forte de soixante ans de combat pour la vérité, inspiration pour une vie entière", a-t-il écrit sur Twitter. (.) La vie de Madame Audin fut une vie d'amour et de combat pour son mari et pour la vérité. "C'est son viatique et la source de notre profond respect", a-t-il conclu.

Le Mrap (Mouvement contre le racisme et pour l'amitié entre les peuples), dont Josette Audin était devenue membre du comité d'honneur cette année, salue la mémoire d'une militante engagée "contre le colonialisme et le racisme" et affirme vouloir poursuivre son "combat pour la vérité", dans un communiqué. Ce combat, a-t-il poursuivi, a été également mené pour que "l'Etat reconnaisse la responsabilité des gouvernements français qui, durant la guerre d'Algérie, échouèrent à prévenir et à punir le recours à la torture, faillirent à cette mission fondamentale qui incombe à toute autorité démocratique d'assurer la sauvegarde des droits humains et, en premier lieu, l'intégrité physique de celles et de ceux qui sont détenus sous leur souveraineté".

Pour rappel, le 13 septembre dernier, elle a reçu chez elle, un modeste appartement à Bagnolet (Seine-Saint-Denis), le président Macron venant lui remettre personnellement un document qui reconnaissait officiellement l'implication de la France dans la mort de Maurice Audin.

Le mouvement antiraciste rappelle qu'on ne connaît toujours pas "les circonstances exactes de ce meurtre" et qu'on n'a jamais su "ce qu'était devenu le corps" de Maurice Audin.

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