Macron annonce un "grand plan" pour les associations — Grand débat

Référendum Aubry dénonce

Manon Aubry le 9 janvier 2019 à Paris

Pour son cinquième débat depuis le 15 janvier, le chef de l'État a tenu lundi soir une nouvelle séance de questions-réponses marathon avec 300 maires, responsables associatifs et citoyens engagés, dans une salle municipale d'Evry-Courcouronnes, dans l'Essonne.

"Emmanuel Macron a annoncé lundi vouloir lancer " un grand plan pour les petites associations " après avoir reconnu, lors d'un débat avec des élus franciliens, que la forte réduction des emplois aidés décidée par le gouvernement avait posé " un vrai problème pour beaucoup d'associations et de villes ".

Le président de la République s'est rendu à Evry-Courcouronnes (Essonne).

Après avoir balayé d'un revers de la main la thématique de l'immigration concernant le Grand débat national, Emmanuel Macron enfonce le clou, à l'occasion d'un déplacement récent à Évry-Courcouronnes dans l'Essonne. Il ne faut pas se voiler la face. "On a fortement réduit les emplois aidés mais il faut continuer à développer fortement les PEC (parcours emplois compétences), qui ne sont pas assez utilisés parce que pas assez connus, la garantie jeune et l'ouverture du service civique", a-t-il ajouté.

Pour compenser cette baisse, le chef de l'État a annoncé un futur " grand plan pour les petites associations " afin de "booster" le tissu associatif. Il s'est ainsi dit prêt à envisager des "emplois francs associatifs", sur le modèle des emplois francs pour le secteur privé, un dispositif d'aide aux entreprises qui recrutent des résidents des quartiers défavorisés. ", a-t-il demandé. "Il y en a qui sont faits pour l'école, d'autres non, c'est pour ça qu'il ne faut pas que ceux qui (sont) moins à l'école et parfois lâchent la rampe se retrouvent livrés à eux-mêmes", a-t-il déclaré par ailleurs".

Le chef de l'Etat s'est aussi déclaré "convaincu que cette délibération dans la société" ne "se clôturera pas de manière classique", sans préciser sous quelle forme, alors que la piste d'un référendum a été très commentée ces derniers jours.

Au cœur des consultations prévues cette semaine à l'Élysée avec les responsables politiques, ce référendum à entrées multiples pourrait coïncider avec les élections européennes du 26 mai prochain. Sur le terrain, le chef de l'Etat a reçu un accueil mitigé.

Mais pour le ministre des Affaires étrangères Jean-Yves Le Drian, un référendum ce jour-là n'est "pas souhaitable ". Il a discuté longuement avec quelques habitants, dont un jeune homme qui lui a lancé: "Moi je passe le trottoir tous les jours, du travail j'en trouve pas".

Plus hostiles, une trentaine de "gilets jaunes" ont hué le convoi présidentiel à son arrivée. "On sera là", répond l'intéressé. "Macron Démission", "Emmanuel Macron on va te chercher chez toi", "Castaner en prison", chantaient certains, surveillés par de nombreux CRS qui sécurisaient les lieux, avec barrages et fouilles aux abords.

Le délégué général de LREM, Stanislas Guerini, a jugé lui aussi la date du 26 mai "peu opportune", même si le référendum "peut être une bonne idée ".

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